C’est quand la dernière fois que t’as entraîné… ton âme?

 

On vit dans un monde d’apparences. Bien manger et s’entraîner, c’est in! No excuse comme je vois souvent! Peu importe ton âge, ta situation amoureuse ou familiale, peu importe d’où tu pars, tout est possible pour obtenir ton corps de rêve! À coups de shakes verts et de squats, tu accompliras tous tes désirs! Comprends-moi bien, je suis pas là pour te dire que c’est pas correct. Je suis là pour faire un p’tit jeu. Je m’en vais te poser des questions. Des questions que je m’envoie à moi-même aussi. T’es pas obligé de répondre. Tu peux dire passe autant que tu veux. Mais j’espère quand même que tu prendras le temps d’y répondre plus tard, quand tu y auras pensé… ou au contraire, quand tu n’y penseras pas trop!

À go, on part! Prêt? Go!

Fait que ton âme, elle? Ouais, ça part fort!

C’est quand la dernière fois que tu l’as nourrie, ton âme? Ou plutôt, de quoi la nourris-tu? De quelles pensées la laisses-tu se construire? Lui donnes-tu des shakes plein de vitamines à elle aussi des fois? Ou tu la laisses se nourrir de chips et de McDo tous les jours?

L’as-tu laissée sortir de ses bottines dernièrement? L’as-tu laissée explorer de nouvelles idées? Elles ont l’air de quoi tes idées, tes valeurs? Les connais-tu? Te conviennent-elles encore? Sur quoi tu te concentres pour te faire une idée du monde? Le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein? Laisses-tu des gens décider de ce que tu dois faire, dire et penser? Attends… laisse-moi te reposer celle-là autrement: par qui te laisses-tu influencer et guider?

Je sais, je te bombarde. Inquiète-toi pas, tu pourras rapporter le questionnaire après si tu veux! 😉 Tu vas y arriver! Attache-toi, on continue!

Lui as-tu montré de nouvelles expériences à ton âme? C’est quand la dernière fois que t’as fait quelque chose pour la première fois? Je te parle pas d’un programme d’entraînement ou d’une recette végane là. Je te parle d’un rêve que t’avais enfant. De sauter en parachute. De te garocher dans quelque chose de complètement inconnu, juste pour voir. Je te parle d’apprendre une nouvelle langue. Ou de te faire un nouvel ami. Ou de t’inscrire à un cours. Ou de partir ta business. Ou juste de payer un café à quelqu’un que tu connais pas (je l’ai fait cette semaine, wow! Sourire instantané!). N’importe quoi qui te ferait sentir vivant, qui nourrirait ton âme, qui te rendrait vraiment fier. Quelque chose qui te donnerait envie de lever tes deux bras à la Rocky Balboa! Une entière satisfaction. Sais-tu ce serait quoi pour toi?

L’as-tu écoutée un peu ton âme? Comment elle va? De quelle couleur est-elle? Est-ce qu’elle brille? Elle sourit ou elle a les yeux tristes? Quelle genre de lunettes elle porte? Serait-elle due pour un ajustement? Qu’est-ce qui la fait rire? Quand est-ce que tu la sens bien, détendue, paisible? Est-ce que tu l’entends seulement?

Par quoi tu te définis le plus? Qu’est-ce qui fait que t’es c’que t’es? T’es-tu déjà posé la question?

Je suis sérieuse! Pour vrai de vrai là!

C’est quoi tes passions, tes rêves? Ton âme, quand tu lui donnes un peu de silence, quelles images te renvoit-elle? Est-ce que ce sont les mêmes qui font partie de ton quotidien? Si tu rencontrais l’enfant que t’étais à 8-10 ans, qu’est-ce qu’il te dirait? Serait-il fier de toi? Qu’est-ce que tu attends pour le rendre fier? No excuse, pas vrai?

Tiens bon, on y est presque!

As-tu la même douceur, le même amour pour ton âme que pour ton corps? Accordes-tu autant d’importance à ce qu’on voit pas? C’est quand la dernière fois que t’as entraîné ton âme?

Tu viens de le faire. Un peu. Peut-être que ça pas fait trop mal. Peut-être que tu me trouves bizarre. Oui, je sais. C’est pas le plus drôle des jeux. Pas le plus sexy non plus, hen? Mais il est essentiel.

Je l’ai appris à mes dépens. Parce que ton âme, c’est ce que tu auras de plus solide pour affronter les moments plus difficiles de la vie. C’est aussi ce que t’auras de plus précieux pour célébrer tout ce qu’il y a de beau dans ce monde. C’est grâce à ton âme que tout est possible! C’est elle qui te guidera vers le bonheur et l’amour. Ton âme et ton coeur, c’est le duo parfait! Laisse-les t’amener vers ton corps et là t’auras le trio le plus redoutable de la LNH!! Le Canadien pourra aller jouer au golf autant qu’il voudra après ça! 😉

Médite, lis, repose-toi dans le silence. Questionne-toi. Remets tes décisions en doute. Surprends-toi. Donne-toi des défis. Prie si tu le souhaites.

Ton âme, c’est ce qu’il y a au plus profond de toi-même. C’est ce que personne ne voit, même pas toi souvent. Ce sont les racines qui nourrissent tout le reste. Parce que c’est pas vrai qu’on arrête de grandir. Ça serait bien triste de finir ça à 14-15 ans, tu trouves pas?

Moi, j’ai décidé de grandir encore. Toujours. Je parle à la petite fille de 12 ans. À la jeune femme de 20 aussi et à la personne que je suis devenue: femme, épouse, maman. Les trois grands rôles de ma vie! J’essaie de me brasser un peu des fois, de me dépoussiérer surtout! C’est pas toujours facile. Je suis une personne de routine. J’aime me sentir confortable. Peut-être parce que y’a souvent eu des montagnes russes dans ma vie. Je préfère naviguer plus lentement maintenant. N’empêche qu’il faut parfois changer de souliers pour continuer notre chemin. J’avais oublié comme c’était bon, se remettre l’âme en shape!

Quand rien ne va plus, take a Mini Cooper! – Ou mon escapade en sol bilingue

Ça fait un moment que le silence règne ici. Parce que c’est facile de mettre ses tripes sur la table quand ça va bien. Facile de dire aux autres, « regardez comme ma vie est belle, comme je suis bien et heureuse »! Facile de prendre mon équilibre en exemple pour tenter d’en inspirer d’autres à trouver le leur.

Mais la vie est une bitch, parfois. Ça, c’est moins beau, moins glam, moins cute à partager. Ça écorche de sortir mes tripes pour dire que mon équilibre, bin je l’ai perdu. Je me sens fragile, fatiguée, usée. Ça érafle en-dedans de dire que ma vie de famille, ce que je chéris le plus au monde, mes enfants, sont arrivés au bout de mon énergie. Comment ne pas sentir les larmes monter quand tu réalises que tu as tout ce dont tu as toujours rêvé, mais que tu n’arrives plus à t’en réjouir aussi souvent?

Je me suis réveillée un matin pour me rendre compte que je suis devenue la mère que j’ai toujours évité d’être. Celle qui est exaspérée. À bout de souffle. Qui crie après ses enfants. Qui s’impatiente pour un rien et qui se sent coupable l’instant d’après. Qui porte son amour à bout de bras pour éviter qu’il ne prenne l’eau.

Et là, des mois plus tard, j’écris. Enfin, je le dis. Haut et fort. Parce que ça va mieux. Parce que j’ai mis des mots sur ce qui me rongeait. Parce que je voudrais donc qu’on arrête de se morfondre chacun de notre côté, à l’abri des regards, des non-dits, des jugements. J’aimerais qu’on n’ait pas peur de s’avouer vaincu par petits bouts. Qu’on se flatte le nombril un peu pour revenir en force après. Qu’on accepte que la vie, aussi belle soit-elle, n’est pas toujours facile, même quand on a tout.

La dernière année a été intensément exigeante. J’ai pas assez dormi. J’ai puisé dans mes réserves, encore et encore, jusqu’à gratter le fond. Dans le brouhaha, j’ai laissé une distance trop confortable s’installer entre mon mari et moi. Subtile, mais réelle. J’ai continué de sourire, de faire tout ce que je faisais et même plus. Être occupée me donnait l’impression d’être invincible. Pourtant, je sais bien que je ne le suis pas.

Ça fait que, j’ai tiré la plug comme on dit! Deux transactions sur une carte de crédit et un sac à dos rempli plus tard, je suis partie pour la capitale du Canada: Ottawa! Mon réflexe a été de m’exiler. Quelques heures. Un peu plus de 24 heures, seule, à des centaines de kilomètres de la vie telle que je la connais. À faire ce dont j’avais envie, au moment où j’en avais envie. À reconnecter avec l’humain que je suis.

Vu l’état lamentable de la voiture de travail de Monsieur mon Mari, j’ai loué une voiture, question de me rendre à bon port… Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai vu que la « voiture de type compacte Toyota Yaris ou similaire » s’était miraculeusement transformée en Mini Cooper! Telle Charlize Theron dans Un boulot à l’italienne, j’ai traversé le panneau “Welcome in Ontario” avec une main sur le volant, le sourire aux lèvres et un fort sentiment de liberté. Bien sûr, j’allais pas voler de lingots d’or, mais conduire cette petite-qui-en-a-dedans a été le début d’une fin de semaine de pur bonheur! Étrange par moments, moi qui suis maintenant que trop peu habituée à la solitude et au silence, mais oh! combien bénéfique!

Mon naturel rieur, jovial et heureux est revenu au galop! Je marchais dans la ville d’Ottawa dimanche matin avec légèreté et j’avais enfin l’impression de retrouver la personne que je suis. J’étais submergée par le soleil éclatant et l’architecture des bâtiments. Comme un totem, j’ai présenté ma face au soleil le temps que mes poumons s’engorgent de tout cet air frais et ce remplissage d’énergie m’a comblée au plus haut point!

Évidemment, quelques petites réflexions et constats se sont imposés. Comme de lever un peu la pédale sur les projets. De choisir d’être là à 100 % quand je fais quelque chose plutôt que de tout faire à moitié. De ressortir mon bon vieux fil d’équilibre et de me réentraîner à marcher dessus, un pas à la fois.

Mes enfants m’ont manqué. Mon mari aussi. Aussi ironique que ça puisse paraître, j’en aurais pris plus parce que j’appréciais cet ennui. Et aussi parce que j’étais pas encore tannée de flatter mon nombril! 😉

Musique dans le tapis, j’ai repris ma petite Mini en sens inverse, déterminée à répéter l’expérience. À ne plus oublier cet humain que j’aime en moi. Cette personne que j’apprends encore à connaître et à respecter. Cette personne qui je sais redeviendra une bonne mère.

 

P.S. La ville qui se vante d’être bilingue au Canada ne l’est pas tant que ça… mais elle est belle en crime pareil!

P.S.S. Ma porte, mon téléphone, mes oreilles et mon coeur sont toujours ouverts à quiconque a envie d’arrêter de se morfondre et de jaser du côté bitch de sa vie. Je sais que tu l’aimes pareil. 😉

Gérer le manque de sommeil… ou devenir Vérozilla!

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Il y a des jours comme aujourd’hui où j’ai l’impression d’être une bombe à retardement. Un mélange dangereux enfermé dans un ballon prêt à éclater d’un simple effleurement. J’ai exploré plusieurs pistes, comme un Baby Blues à retardement, une chute d’hormones post-allaitement, une accumulation de petites choses et bien sûr… le manque de sommeil.

Je suis plus irritable, moins patiente, plus brusque. J’ai les yeux qui ferment tout seul en plein milieu de la journée, souvent. Je pleure facilement aussi. J’ai éliminé le Baby Blues ou la dépression parce que ce ne sont pas des émotions ou des états qui m’habitent en permanence ou qui prennent la majeure partie de mes journées. Je n’ai pas non plus de mal de vivre ou l’impression d’être malheureuse. En fait, je suis très souvent joyeuse et totalement amoureuse de mon mari et mes enfants. J’ai aussi encore pas mal d’énergie! Même si je sens que celle-ci s’amenuise.

En ce qui concerne les hormones, je n’ai jamais eu une relation simple avec ces bibittes-là. Il se peut fortement qu’elles m’influencent un peu ou beaucoup selon l’étape du mois! 😉 Je suis une hormonale. Lire je suis une débile mentale une semaine par mois! Depuis que j’ai accouché d’Alice, ça s’étire même sur 12 à 15 jours. Parce que j’ai recommencé à avoir des crampes insoutenables comme une jeune adolescente avec un corps en effervescence… J’ai mal quelques jours avant, je veux mourir les 2-3 premiers jours et j’ai mal encore quelques jours après. Une moitié de mois où je ne suis pas moi-même! Faites le calcul, je suis invivable de 144 à 180 jours par année. Quasiment six mois! Ai-je besoin de vous dire que ces fluctuations de douleurs et d’émotions intenses épuisent également? Monsieur mon Mari est-il écœuré? À voir ses regards découragés frisant l’envie de m’égorger ce mois-ci, je pense que oui! 😛 Heureusement qu’on s’aime… beaucoup!

Ce qui laisse le dernier monstre en liste: le manque de sommeil. Parce que j’ai fait le décompte rapidement et j’ai pas beaucoup dormi ces 5 dernières années! Je ne me souviens même plus la dernière nuit complète sans me réveiller ou intervenir auprès d’un des enfants. Entre le bébé qui ne dort pas, le cauchemar de l’un, le verre d’eau de l’autre, le somnambulisme, les pleurs, les cris, les peurs, ma propre insomnie, le mari qui fait trop de bruit, les maux de dos ou de tout le corps enceinte, les envies de pipi… Une nuit de sommeil est devenue un concept flou, lointain, intouchable. Dans les cinq dernières années, je pense que c’est arrivé quelques jours par-ci, par-là. Disons quelques mois tout au plus et pas en continu. En 5 ans! Si on calcule l’insomnie de grossesse du premier fiston, on peut presque ajouter une année de plus avec un sommeil de marde. Oui, rendu là, on parle de marde.

Parce que y’a vraiment des bouts où je ne me reconnais plus. Ou je ne suis plus Véro ou p’tit cœur ou maman d’amour. Je suis Vérozilla. Un monstre ambulant avec des cernes en dessous des yeux, une voix caverneuse et des yeux qui sortent de la tête en deux secondes si on me cherche (et je suis facilement trouvable!)!!

Je ne pensais pas que ça se pouvait d’être aussi fatiguée et de fonctionner quand même. Notez que j’ai bien écrit fonctionner. On parle ici d’un proche synonyme du mot survivre. Parce que le lendemain, que t’aies dormi ou pas, ça se lève ces petits-là! Le lendemain, il y a des petits déjeuners à servir, des vêtements en plusieurs couches à enfiler, la cloche de l’école sonnera pas plus tard et les tâches continueront de s’accumuler. Et quand ça dure depuis des années… la transformation est imminente!

C’est difficile à comprendre pour ceux qui n’ont pas d’enfants. Ou pour les parents qui ont des enfants qui dorment (ça se peux-tu?), ou pour ceux qui ont oublié. Mais je vous le dis, on ne sait pas ce que c’est la fatigue avant d’être passé par là. Je sais, je sonne super cliché. Je déteste ça. Mais c’est ça pareil. Moi aussi, je pensais que je savais. J’avais encore le nombril vert faut croire (quelle drôle d’expression!)! 😛

Je n’aime pas me plaindre sur les choses dont je n’ai aucun contrôle. Et, je dois bien l’admettre, je n’ai absolument plus aucun contrôle sur mon sommeil. Dans ma tête, c’est ça aussi, des enfants. Des heures de sommeil en moins si nombreuses qu’on ne les compte plus. Qu’on ne sait même plus si c’est hier ou avant-hier qu’on s’est levé 10 ou seulement 5 fois. Pour moi, quand on ne peut pas contrôler quelque chose, vaut mieux ne pas se concentrer là-dessus, c’est tout. Sauf que, là, je trouve que ça commence à peser!

Ce qui m’amène au mot gérer. Gérer le manque de sommeil? Si je ne peux pas gérer le sommeil, je vais gérer le manque me suis-je dit! Ouff! Méchant contrat! On oublie les siestes en journée! Soit je suis incapable de rester en place en pensant aux choses à faire, soit je suis complètement assommée par une sieste trop ou pas assez longue! Et, faudra bien faire mes journées sans, un congé de maternité, ce n’est pas éternel! J’accumule les tasses de café, mais je ne vois pas trop d’effets, outre celui d’avoir mal à la tête quand j’oublie d’en prendre un!

Ça fait que j’ai opté pour le lâcher-prise. Je m’excuse à l’avance. Pour les fois où j’aurai été bête, ou moins souriante. Pour ces moments où j’écoute à moitié ou que je fixe un point précis avec aucune envie de décrocher. Je m’excuse pour la vaisselle que je n’ai pas faite, pour les piles de vêtements pas pliées en bas, pour les planchers que j’aurais dû laver il y a 2-3 semaines déjà et qui vont attendre encore. Pour avoir plutôt envie d’écrire sur mon blogue que de me taper le torchage de la cuisine. Je m’excuse aussi si j’oublie votre anniversaire ou que j’arrive en retard à un rendez-vous. Je m’excuse d’être parfois l’ombre de moi-même, celle en arrière de Vérozilla.

Un jour, peut-être, je dormirai plus. Mieux. Des nuits. Complètes de préférence. Je redeviendrai un jour, peut-être, tout simplement Véro.

 

P.S. Un gros merci à mon Xavier de trouver une face presque aussi bête que la mienne! 😛

P.S.S. J’affectionne particulièrement l’art de l’exagération. Je n’ai pas vraiment les yeux qui sortent de la tête… 😉