L’amitié – Ou pimper ta vie avec des confettis

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Moi, depuis que j’ai des enfants (rectifions… depuis que j’en ai trois en fait), j’ai lâché prise sur bin des affaires que je considère non essentielles. Par exemple, traîner une sacoche. J’ai traîné assez longtemps un estifi de sac à couches (pis une poussette, pis une boîte à lunch de “au cas où”, pis un parc (mais juste au premier, après ils dorment n’importe où), pis des bébelles…) que maintenant que je peux avoir les mains libres, tu me verras pas avec une sacoche au dépanneur certain! Je fais même mon épicerie avec ma carte dans les poches! Encore pire, je donne les clés de l’auto à mon mari pour que LUI, il les mette dans ses poches. Overdose de mains pis de poches pleines.

Pareil pour les planchers. Ils sont lavés aux deux semaines. C’est bin en masse. Au pire, ils se feront des anticorps. Ça jamais tué personne, des anticorps. Bin honnêtement, personne est retourné de bord en rentrant chez nous encore. C’est jamais vraiment propre, mais c’est jamais vraiment sale non plus. Je focus sur le deuxième point.

Ah pis l’armoire de Tupperware! Partez-moi pas là-dessus! Un fouilli en permanence qui est quasiment devenu un havre de paix. Quand je le range enfin, je suis déstabilisée pendant une coupe de jours. Voyez-vous, c’est que c’est Monsieur mon Mari qui s’occupe du lave-vaisselle. On se l’ait jamais dit officiellement, mais c’est une loi non-écrite. Je fais de la bouffe. Il lave. Fait que, c’est lui qui garoche les plats et les couvercles. Ça fait titiller ma belle-mère chaque fois qu’elle vient faire un tour. C’est plus fort qu’elle, faut qu’elle range les restants et qu’elle lave de la vaisselle quand on la reçoit. Avant, je me sentais presque jugée, moi la procrastineuse qui l’aurait fait plus tard. Maintenant, je me dis: “gâte-toi!” Enfin bref, notre armoire l’a fait capoter. Elle donne un petit cours à son gars. Je regarde ça aller et je souris. Trois enfants, man, autres priorités.

La liste pourrait être longue. J’étais une miss perfection avant, t’aurais jamais cru à ça! Une note en bas de 90% me faisait pleurer. Je voulais battre tous les gars de ma classe au sprint. Je m’entrainais en cachette chez nous. Je les ai battus en 1re… ou en 2e… je me souviens pu de l’année, mais je me souviens de les avoir battus. Un accomplissement! L’échec n’était pas une possibilité pour petite Véro. Je voulais tout faire et le faire mieux que tout le monde. Le pire, c’est que je réussissais souvent.

J’acceptais pas non plus que quelqu’un ne m’aime pas. J’étais prête à beaucoup juste pour avoir l’impression d’être l’amie de tous. Je réalisais pas que des miss perfection, ça gosse bin du monde! Et c’est peut-être pour ça qu’à l’âge adulte, j’ai un peu lâché prise sur les amis. Ça me demandait trop d’énergie. J’avais encore l’impression que je devais être parfaite pour avoir des vrais amis. Je dis ça, mais ça vient pas d’une psychanalyse sur des années, juste des déductions de ma part, après un peu de recul. Je sais d’où ça vient maintenant, ce désir de plaire inconditionnellement… moi qui ai eu un paternel jamais vraiment satisfait. N’empêche, quand on répondait à ses attentes, ça allait correct, pour un moment. La petite Véro est donc devenue une miss perfection wannabe dans le but d’avoir la paix.

Me voilà donc prise avec ce fardeau qui n’a pas de bon sens envers l’amitié. Le nombre de fois que j’ai dit à Monsieur mon Mari: “Je me cherche pas des amis; j’ai de la misère à voir ceux que j’ai déjà!” Pour moi, l’amitié, c’était pas facile. Je me demandais toujours si j’avais dit ou fait quelque chose de pas correct si j’avais pas de nouvelles de quelqu’un pendant un bout, ou que mon dernier message était resté sans réponse.

Je voyais un peu l’amitié comme un objectif à atteindre. Et comme j’avais pas l’impression d’avoir au moins 95%, j’étais constamment persuadée que mes relations amicales étaient des échecs. Je me suis convaincue que j’étais pas douée pour ça et tant pis pour le reste!

Ça a duré des années. Au moment où mon lâcher-prise était à son apogée, la vie m’a apporté de nouvelles amitiés, vraies et solides, par-dessus quelques-unes plus durables et sincères que je chérissais. Je m’y attendais pas pentoute! J’ai même résisté un peu au début. J’étais enfin moi-même, je n’attendais pas grand-chose de personne, sinon d’avoir de bons moments. Et on m’a aimée. Avec pas de sacoche, avec des planchers jamais vraiment propres, avec une armoire de Tupperware en bordel, des garde-robes qui débordent et du linge pas plié! On m’a aimée malgré mon franc-parler, avec ma douceur et mes montées de lait aussi. On m’a aimée avec mes trois enfants, mon mari (parfois trop) intense et avec mes incompréhensions de tout ce beau monde. On m’a aimée quand je riais trop fort et aussi quand je pleurais sans pouvoir vraiment dire pourquoi.

Pas de jugement. Pas d’attentes à dépasser.

Le vent de fraîcheur que ça a eu sur moi toé chose!! J’ai réalisé que tout ce temps, j’avais tort. Que l’amitié, c’est pas compliqué. Que j’avais juste à être moi-même. Que parfois les amis vont et passent, mais que ces expériences ne meurent jamais. Que la vie est riche et qu’il faut prendre ce qui nous ait offert en redonnant ensuite le plus qu’on peut.

Photo de Véro St-Pierre.

Image prise par mon amie Sandra! 🙂

L’amitié, c’est danser avec un respirateur en néon et un ballon accroché après sa brassière sans se soucier du lendemain.

L’amitié, c’est partager une bouteille de vin un vendredi soir à l’écurie.

L’amitié, c’est regarder nos enfants grandir ensemble et se souvenir de la première fois qu’on a tenu ces petits êtres dans nos bras.

L’amitié, c’est un party au mois d’août pour ma fête en octobre et que personne se pose de questions.

L’amitié, c’est une soirée billard et un pique-nique dans un parc où on partage autant d’émotions que de rires.

L’amitié, c’est se rappeler de belles années d’université en chantant sur du Alanis Morrissette et en fermant encore des restos à force de trop parler 15 ans plus tard.

L’amitié, c’est un brunch du dimanche qui s’éternise et qu’on voudrait ne pas quitter.

L’amitié, c’est se comprendre d’un seul regard et rire au même moment.

L’amitié, c’est parler sans censure et pleurer sans gêne quand la vie nous tombe dessus.

L’amitié, ce sont des partys de Noël devenus des traditions à ne pas manquer.

L’amitié, c’est une passion qui nous unit si intensément qu’on ne voit pas les heures passées.

L’amitié, parfois, ça se passe de mot. C’est être là, point.

L’amitié quand on est dans la trentaine et encore plus quand on est mère, c’est précieux. Ça rend les bonbons sûrs mangeables (pour vrai, qui aime ça, des bonbons sûrs?) et ça pimp ta vie avec des confettis. Et chacune de ces amitiés a son propre rôle. Aujourd’hui, ma porte est grande ouverte pour l’amitié. Et pour la première fois, j’ai pas envie de la noter. Je veux juste la vivre.

P.S. J’utilise pas de vrais confettis dans ma vie, apportez-moi pas ça, mon poil va friser! Je tends vers le zéro déchet, mais c’est pas un prérequis pour l’amitié ça. Bref, c’est une image que j’aime. Parce que des confettis, ça en prend beaucoup pour faire son effet. Un peu comme les amis. Ça tombe bien, personne a un quota là-dessus! 😉

Véro

Femme dans la jeune trentaine, je suis aussi une heureuse épouse et mère de deux garçons. Riche d'une décennie en communication et marketing et de mon histoire aussi simple que rocambolesque, je partage avec vous mes humeurs du moment.

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