L’amitié – Ou pimper ta vie avec des confettis

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Moi, depuis que j’ai des enfants (rectifions… depuis que j’en ai trois en fait), j’ai lâché prise sur bin des affaires que je considère non essentielles. Par exemple, traîner une sacoche. J’ai traîné assez longtemps un estifi de sac à couches (pis une poussette, pis une boîte à lunch de “au cas où”, pis un parc (mais juste au premier, après ils dorment n’importe où), pis des bébelles…) que maintenant que je peux avoir les mains libres, tu me verras pas avec une sacoche au dépanneur certain! Je fais même mon épicerie avec ma carte dans les poches! Encore pire, je donne les clés de l’auto à mon mari pour que LUI, il les mette dans ses poches. Overdose de mains pis de poches pleines.

Pareil pour les planchers. Ils sont lavés aux deux semaines. C’est bin en masse. Au pire, ils se feront des anticorps. Ça jamais tué personne, des anticorps. Bin honnêtement, personne est retourné de bord en rentrant chez nous encore. C’est jamais vraiment propre, mais c’est jamais vraiment sale non plus. Je focus sur le deuxième point.

Ah pis l’armoire de Tupperware! Partez-moi pas là-dessus! Un fouilli en permanence qui est quasiment devenu un havre de paix. Quand je le range enfin, je suis déstabilisée pendant une coupe de jours. Voyez-vous, c’est que c’est Monsieur mon Mari qui s’occupe du lave-vaisselle. On se l’ait jamais dit officiellement, mais c’est une loi non-écrite. Je fais de la bouffe. Il lave. Fait que, c’est lui qui garoche les plats et les couvercles. Ça fait titiller ma belle-mère chaque fois qu’elle vient faire un tour. C’est plus fort qu’elle, faut qu’elle range les restants et qu’elle lave de la vaisselle quand on la reçoit. Avant, je me sentais presque jugée, moi la procrastineuse qui l’aurait fait plus tard. Maintenant, je me dis: “gâte-toi!” Enfin bref, notre armoire l’a fait capoter. Elle donne un petit cours à son gars. Je regarde ça aller et je souris. Trois enfants, man, autres priorités.

La liste pourrait être longue. J’étais une miss perfection avant, t’aurais jamais cru à ça! Une note en bas de 90% me faisait pleurer. Je voulais battre tous les gars de ma classe au sprint. Je m’entrainais en cachette chez nous. Je les ai battus en 1re… ou en 2e… je me souviens pu de l’année, mais je me souviens de les avoir battus. Un accomplissement! L’échec n’était pas une possibilité pour petite Véro. Je voulais tout faire et le faire mieux que tout le monde. Le pire, c’est que je réussissais souvent.

J’acceptais pas non plus que quelqu’un ne m’aime pas. J’étais prête à beaucoup juste pour avoir l’impression d’être l’amie de tous. Je réalisais pas que des miss perfection, ça gosse bin du monde! Et c’est peut-être pour ça qu’à l’âge adulte, j’ai un peu lâché prise sur les amis. Ça me demandait trop d’énergie. J’avais encore l’impression que je devais être parfaite pour avoir des vrais amis. Je dis ça, mais ça vient pas d’une psychanalyse sur des années, juste des déductions de ma part, après un peu de recul. Je sais d’où ça vient maintenant, ce désir de plaire inconditionnellement… moi qui ai eu un paternel jamais vraiment satisfait. N’empêche, quand on répondait à ses attentes, ça allait correct, pour un moment. La petite Véro est donc devenue une miss perfection wannabe dans le but d’avoir la paix.

Me voilà donc prise avec ce fardeau qui n’a pas de bon sens envers l’amitié. Le nombre de fois que j’ai dit à Monsieur mon Mari: “Je me cherche pas des amis; j’ai de la misère à voir ceux que j’ai déjà!” Pour moi, l’amitié, c’était pas facile. Je me demandais toujours si j’avais dit ou fait quelque chose de pas correct si j’avais pas de nouvelles de quelqu’un pendant un bout, ou que mon dernier message était resté sans réponse.

Je voyais un peu l’amitié comme un objectif à atteindre. Et comme j’avais pas l’impression d’avoir au moins 95%, j’étais constamment persuadée que mes relations amicales étaient des échecs. Je me suis convaincue que j’étais pas douée pour ça et tant pis pour le reste!

Ça a duré des années. Au moment où mon lâcher-prise était à son apogée, la vie m’a apporté de nouvelles amitiés, vraies et solides, par-dessus quelques-unes plus durables et sincères que je chérissais. Je m’y attendais pas pentoute! J’ai même résisté un peu au début. J’étais enfin moi-même, je n’attendais pas grand-chose de personne, sinon d’avoir de bons moments. Et on m’a aimée. Avec pas de sacoche, avec des planchers jamais vraiment propres, avec une armoire de Tupperware en bordel, des garde-robes qui débordent et du linge pas plié! On m’a aimée malgré mon franc-parler, avec ma douceur et mes montées de lait aussi. On m’a aimée avec mes trois enfants, mon mari (parfois trop) intense et avec mes incompréhensions de tout ce beau monde. On m’a aimée quand je riais trop fort et aussi quand je pleurais sans pouvoir vraiment dire pourquoi.

Pas de jugement. Pas d’attentes à dépasser.

Le vent de fraîcheur que ça a eu sur moi toé chose!! J’ai réalisé que tout ce temps, j’avais tort. Que l’amitié, c’est pas compliqué. Que j’avais juste à être moi-même. Que parfois les amis vont et passent, mais que ces expériences ne meurent jamais. Que la vie est riche et qu’il faut prendre ce qui nous ait offert en redonnant ensuite le plus qu’on peut.

Photo de Véro St-Pierre.

Image prise par mon amie Sandra! 🙂

L’amitié, c’est danser avec un respirateur en néon et un ballon accroché après sa brassière sans se soucier du lendemain.

L’amitié, c’est partager une bouteille de vin un vendredi soir à l’écurie.

L’amitié, c’est regarder nos enfants grandir ensemble et se souvenir de la première fois qu’on a tenu ces petits êtres dans nos bras.

L’amitié, c’est un party au mois d’août pour ma fête en octobre et que personne se pose de questions.

L’amitié, c’est une soirée billard et un pique-nique dans un parc où on partage autant d’émotions que de rires.

L’amitié, c’est se rappeler de belles années d’université en chantant sur du Alanis Morrissette et en fermant encore des restos à force de trop parler 15 ans plus tard.

L’amitié, c’est un brunch du dimanche qui s’éternise et qu’on voudrait ne pas quitter.

L’amitié, c’est se comprendre d’un seul regard et rire au même moment.

L’amitié, c’est parler sans censure et pleurer sans gêne quand la vie nous tombe dessus.

L’amitié, ce sont des partys de Noël devenus des traditions à ne pas manquer.

L’amitié, c’est une passion qui nous unit si intensément qu’on ne voit pas les heures passées.

L’amitié, parfois, ça se passe de mot. C’est être là, point.

L’amitié quand on est dans la trentaine et encore plus quand on est mère, c’est précieux. Ça rend les bonbons sûrs mangeables (pour vrai, qui aime ça, des bonbons sûrs?) et ça pimp ta vie avec des confettis. Et chacune de ces amitiés a son propre rôle. Aujourd’hui, ma porte est grande ouverte pour l’amitié. Et pour la première fois, j’ai pas envie de la noter. Je veux juste la vivre.

P.S. J’utilise pas de vrais confettis dans ma vie, apportez-moi pas ça, mon poil va friser! Je tends vers le zéro déchet, mais c’est pas un prérequis pour l’amitié ça. Bref, c’est une image que j’aime. Parce que des confettis, ça en prend beaucoup pour faire son effet. Un peu comme les amis. Ça tombe bien, personne a un quota là-dessus! 😉

“Bonheur, c’est toi?”

Source de l’image: Pixabay

Ça t’est déjà arrivé de vivre un moment tout simple, mais si intensément bon que c’est comme si tu le regardais de l’extérieur? Que tu poses tes yeux sur la scène en espérant que ton cerveau photographie ces secondes de pur bonheur?

Hier, on est allé au parc avec les enfants après souper. Ils ont pris leur vélo. Y’a eu du chialage pour partir, comme y’en a souvent. J’ai pensé une seconde que c’était une fausse bonne idée. On est parti quand même. Le grand en avant, confiant. Le benjamin qui pédale deux fois plus vite pour suivre… mais qui suit! Le mari avec le chien qui ne sait plus trop s’il doit rejoindre les gars ou juste marcher avec le chien. Puis moi avec la cadette qui me semble si lente, mais qui pourtant est clairement plus vite que ses deux frères l’étaient au même âge!

Arrivé au parc, notre grand voit une “fille de son école” qu’il n’aime pas trop. Ça arrive. Je lui dis qu’il a qu’à faire ses choses et la laisser faire les siennes. Il rouspète. Ça lui tente plus, le parc. Pensée pour la fausse bonne idée… Mais je lui suggère de venir voir les grenouilles avec moi, comme j’ai fait quelques heures plus tôt avec son frère et sa sœur. Victoire! Il est content.

On cherche les grenouilles dans l’étang. On les observe, les prend en photo. On discute de l’environnement au passage, de l’importance d’y faire attention, à notre planète! On parle doucement pour pas trop les déranger et on évite de les toucher, même si c’est tentant!

Quand on revient de notre petit étang, la “fille” est sur son départ. Je me dis que c’est vraiment une belle soirée finalement. Je fais courir le chien, les enfants s’amusent. Nous sommes maintenant seuls dans le parc. Les enfants enfourchent leur vélo et se mettent à faire des courses. Les deux petits hommes sont de bonne humeur, ils laissent leur sœur gagner une fois sur deux, en l’encourageant. Elle a les yeux fiers! Un après l’autre, ils passent devant nous avec le sourire jusqu’aux oreilles. Ils sont bien. Je suis bien.

Je regarde Maxime, il sourit, lui aussi. Je regarde Kevin. Petit chien a compris que c’était le temps d’être parfait. Il est assis et regarde la scène lui aussi. Je suis envahie par une grosse vague de bonheur. Je dis à mon mari: “Regarde, on a créé ça, nous.” Il me sourit. Je sais qu’il comprend. Il prend ma main dans la sienne. L’équilibre parfait, pendant un instant.

Mes yeux se remplissent de ces images. J’ai pas envie de sortir mon téléphone pour immortaliser ça. Les photos, c’est dans ma tête que je les veux. Vous savez, ces images qui nous tiennent debout quand le vent souffle, mais qui ne veulent rien dire pour les autres? Ces doux instants qui créent les liens d’une vie. Les moments qu’on voit quand on a besoin d’un câlin mais que personne n’est là.

Et je mentirais de dire que c’est toujours comme ça. En fait, c’est comme si on était venu me récompenser après quelques semaines d’inquiétudes, de questionnements, de cœur qui chavire. Parce que c’est aussi ça, être maman. Nos petits cocos nous amènent parfois sur des chemins qu’on a jamais connus avant… et “sur-le-tas” on doit apprendre, en quelques secondes, c’est quoi la meilleure façon de réagir. En quelques minutes, on doit trouver les meilleures paroles possibles. En quelques jours, on doit comprendre. Et en quelques semaines, on doit agir.

J’ai pas besoin de vous donner des détails pour que vous me compreniez. Parce que des semaines comme ça, on en a toutes. Des semaines où ça va trop vite et pas comme on veut! Comme quand t’accouches, que tu voudrais juste respirer deux secondes et qu’on te dit: “Vas-y, poussssee!!!” Bin dans les dernières semaines, j’ai poussé en masse! 😉 Jusqu’à en avoir le vertige. Mais f*ck le vertige ma Véro, c’est toi la mère, tu reprendras ton souffle plus tard!

Ce qu’il faut retenir, p’tite mère, c’est que le vertige va passer. Que “toute va être correct”. Il arrivera un instant comme celui d’hier pour te le prouver.

Hier, le bonheur avait l’odeur des grenouilles dans un étang et le son des roues d’un vélo sur le bitume. Le bonheur était simple, mais grand. Le bonheur était pas prévu, mais il était là. On l’a reconnu aussitôt. C’est ça le plus beau, au fond: savoir c’est quoi le bonheur et le savourer à grosses croquées.

Et si t’avais du fun avec ton kid?

Dimanche après-midi. J’ai pas assez dormi. Je me remets lentement d’un méga virus qui m’a clouée sur le sofa pendant deux jours. J’avais prévu aller à l’écurie. Monsieur mon Mari, lui, propose aux enfants d’aller glisser sur la butte de l’école.

C’est là que je me suis dit: “Et si j’avais du fun avec eux autres, mes trois trésors, à place? Un petit deux heures bien placés.”

Tsé quoi? C’était cool. J’ai oublié que j’avais 35 ans. C’te dimanche après-midi-là, malgré la fatigue et la gorge qui pique, j’avais maximum 8 ans. Je jouais. Avec mes enfants, un ami de mon grand qui s’est joint, mon mari et mon chien rempli de joie de courir après nous dans “trop de neige”!

 

*Ça c’est pas dimanche… j’ai pas pris de photos, j’avais 8 ans et pas le temps de penser à ça! 😉

Ça faisait longtemps que j’avais ri autant avec un traîneau! Et je me suis dit, dans le fond, c’est pour ça qu’on fait des enfants. C’est pas pour les leçons, le lavage ou le verre de vin qui t’aide à décompresser de ta vie… non, c’est pour avoir du fun avec eux. C’est pour leur montrer une façon de vivre qui fera en sorte qu’ils seront heureux, autonomes et équilibrés.

Pis quand tu te lèves et que tu leur dis de se dépêcher à manger, se dépêcher à s’habiller, se dépêcher à brosser leurs dents… et que tu reviens le soir en leur demandant de se dépêcher parce que t’as le souper à faire, pis les leçons, pis les bains, pis une ou deux brassées, pis une commission ici et un courriel à envoyer là… Tu leur montres quelle façon de vivre?

Leur montres-tu à jouer, à rire? À glisser sur une butte, tomber, et rire encore? Leur montres-tu à être là? À être heureux?

J’ai rien contre les “mères à boutte – ordinaires – cinglantes – imparfaites” de ce monde qui en aident tant d’autres à se déculpabiliser. Elles ont un rôle important à jouer dans ce monde où tout va trop vite. Ce que j’aime pas par contre, c’est cette impression que la mère d’aujourd’hui doit être brûlée! Elle a besoin de son vindredi pis de sa soirée de filles. Pis de grand-maman qui vient aider. Il faut qu’elle lâche prise qu’on dit…

Ok. Lâche prise sur ce que va penser le voisin, sur tes planchers qui sont pas super propres, sur ton linge pas plié, pis sur le bol de céréales que tu donnes pour souper de temps en temps. Bin correct.

Mais je pense que la mère d’aujourd’hui aurait besoin de jouer plus. D’avoir du fun avec ses enfants. De lâcher le vin un vendredi de temps en temps pour jouer aux cartes, dessiner, construire une cabane avec des couvertures, éteindre les lumières et danser dans le salon avec les personnes qu’elle aimera assurément toute sa vie. Y’en a pas beaucoup du monde de même, que t’aimeras toute ta vie. 😉

Peut-être que toi, ça te fait pas tripper une butte de neige. Mais c’est quoi que t’aimais quand t’étais petite, maman? T’en souviens-tu? Tes enfants, eux, ils le savent-tu?

 

*Ça non plus c’est pas dimanche, c’est il y a deux semaines quand j’ai joué au roi de la montagne avec Rémi. Gros fun!!

Il y avait tellement de choses que j’aimais petite et que j’aime encore! Patiner, jouer aux échecs, lire, jouer à la cachette, danser, chanter, dessiner, écrire des histoires, monter à cheval, jouer avec mon chien, faire du vélo, acheter des bonbons au dépanneur, prendre une marche avec ma sœur, écouter de la musique, glisser, s’arroser dehors l’été, écouter un film couchée par terre, faire des anges dans la neige, enlever les pétales d’un pissenlit voir si mon kick du moment m’aimait aussi… la liste est longue!

Toutes ces petites choses qui font que la vie est douce et meilleure, j’essaie de les transmettre à mes enfants. Et des fois, ce sont eux qui me ramènent en arrière avec un coin-coin fabriqué à l’école ou mes plus jeunes qui jouent à Jean Dit à la garderie.

Au pire, apprends-leur à rien faire, avec toi! Parce que bin non, je suis pas en train de te dire de devenir G.O. et de les animer sous le pseudonyme de Cacahuète que t’avais dans le temps au camp de jour!!

Il y a tant de façons d’avoir 8 ans, encore et toujours. Tant de manières d’avoir du fun avec ceux qu’on a tant désirés. D’ailleurs, l’a-t’on oublié? Qu’on les a désirés?

Parce que si t’as fait ton enfant en te disant que ça ferait des belles photos sur Instagram, je te le dis tout de suite, tes journées vont être loooongues! 😉 Des enfants, c’est imprévisible, spontané, joueur, intelligent et créatif. Quand on entre dans leur monde, le moment présent prend tout son sens. Parle-leur de ce qu’ils aiment, de ce qui les font vibrer. Je te jure que tu vas oublier ta semaine ou le trafic ou je ne sais quoi d’autre qui te donne envie de t’ouvrir une bouteille! Être mère, c’est beau, même quand c’est laid! Tâchons quand même de ne pas oublier les beaux côtés de cette vie qu’on a choisit.

Ça t’empêchera pas d’être ordinaire ou imparfaite. Ça t’empêchera pas de sortir entre filles ou de coucher les enfants plus tôt pour te faire un souper en tête-à-tête avec ton homme. Ça va juste t’aider à retrouver ton cœur d’enfant. Et, peut-être, à te rappeler assez c’est quoi être un enfant pour les comprendre un peu plus.

Avoir du fun avec ton kid, ça fait en sorte que tu l’aimes encore plus… et que tu t’aimes plus comme mère aussi. Garanti. C’est pas une belle façon de déculpabiliser et de lâcher prise ça? 😉

Confidences sur le poids… ou l’art de s’autosaboter!

Le poids, bin oui… comme s’il n’y avait pas assez de gens sur sur les réseaux sociaux avec des photos de perte de poids! Y’en a-tu des recettes miracles pareil hen? J’encourage et félicite tout le monde dans sa démarche vers la santé, mais tsé, on peut-tu être juste heureux avec nous-mêmes aussi? La réponse c’est: bin oui viarge! 😉

Reste que des événements personnels difficiles ont fait en sorte que je suis retombée dans de vieilles habitudes dans la dernière année pis bin… j’ai mangé mes émotions! Il me restait 5 livres à perdre pour retrouver le poids de mon mariage après ma troisième mini… 5 qui sont devenues 8, puis 10, puis 13! Nombre auquel j’ai dit “ça suffit”!

Toute ma vie je me suis autosaboté l’estime avec ça. Croyez-moi, je ne suis pas tendre avec moi-même en plus! Quand ça va pas, j’ai tendance à m’autoengraisser pour me prouver que je ne suis pas à la hauteur. Et je me tape dessus après. “Esti de grosse vache, tu peux bin chialer sur ta bédaine, t’es encore en train de manger grosse torche molle!”

Violent, n’est-ce pas? Beau cadeau de moi à moi hen? Si j’entendais un de mes enfants se parler comme ça, je serais dévastée. C’est de l’auto-destruction pure et dure. Et c’est ce que je m’inflige. Dans les moments difficiles. J’en rajoute une couche tsé! Au lieu d’être douce avec moi-même et d’agir comme ma meilleure amie! Parce qu’on va se le dire, si on s’aime pas soi-même, on est mal parti, pas vrai?

Donc voilà, manger mes émotions, c’est ma bibitte noire, mes habitudes destructrices que j’avais mises derrière depuis l’arrivée de mes enfants. Et oui, de vieilles habitudes ça peut revenir vite quand la vie écorche un peu.

La bonne nouvelle, c’est que de bonnes habitudes aussi ça peut revenir vite. Ça fait des années que je mange santé et que j’ai découvert le bien-être profond qu’on ressent après une bonne activité physique. Le corps est comblé et l’âme est en extase. Cette drogue-là est aussi intense qu’une bouchée de chocolat qui te fond dans la bouche! Donc j’ai reconnecté avec le spinning. Je l’ai laissé me faire mal pour me faire du bien. Je n’avais pas arrêté, mais c’était devenu une corvée. Alors j’ai laissé la tête à la porte et j’ai fait confiance à mon corps. Il était bin content! 😉

J’ai utilisé le mantra que Monsieur mon Mari et moi on aime se balancer en pleine face: retourner à la base. Chaque fois que j’ai envie de me dire des vacheries, j’essaie de les remplacer par des mots doux à mon égard. Chaque fois que j’ai envie d’un biscuit le soir, je me prends une gorgée de café ou un verre d’eau et je me donne 10 minutes pour que ça passe. Ça passe. Toujours.

J’ai aussi fait des changements dans notre routine cette semaine pour y inclure plus de temps pour l’écurie, mon havre de paix. Je l’ai délaissé pas mal mon refuge ces derniers temps. Une autre petite violence que je me suis faite… Comme si ma tête disait: “Rappelle-toi Véro, ça va mal, t’as pas le droit d’être heureuse!” Eh bien non, c’est fini! Je suis heureuse moi dans la vie, même quand ça va moins bien. J’ai le bonheur facile. Je ne baisse jamais les bras.

Puis, surprise! Je passe devant mon miroir ce matin et je me dis: “ça pourrais-tu que??” Tranquillement, sans même m’en rendre compte, le 13 est redevenu un 10 et ce matin un 8! En trois semaines environ! Trois petites semaines!

Et tsé, au fond, ça pas rapport avec le poids. Parce qu’être bien dans son corps, c’est pas un nombre sur une balance. C’est tellement plus que ça! C’est de se choisir. C’est apprécier la vie. C’est d’être reconnaissant pour la santé qu’on a eu la chance d’avoir. C’est de faire de soi-même le plus beau cadeau qu’on aura jamais. La plus belle relation amoureuse qu’on ait jamais eue. Quand tu commences à te voir de même, c’est puissant. Parce que c’est comme si tout devenait possible.

C’est ça que j’avais envie de partager dans ce texte. Peu importe c’est quoi le problème avec tes deux pattes, tu peux y arriver! Pour vrai, es-tu bien dans ton corps? Parce qu’il peut te mener loin! Le laisse-tu te guider un peu? Lui laisse-tu la place qu’il mérite?

Avoue que je t’ai donné le goût de manger du brocoli comme, maintenant! 😉

 

Source de l’image de crème glacée: Pixabay

C’est beau ça, ma fille!

Photo de Véro St-Pierre.

En décembre 2013, après quelques séjours à l’hôpital, nous avons su que mon grand-père avait un cancer. J’étais à ce moment enceinte de mon 2e enfant. J’ai eu peur qu’il ne le voit jamais. Ça m’avait inspiré le texte plus bas. Aujourd’hui, 18 octobre 2018, ça fait deux ans qu’il nous a quittés. Après avoir accepté des traitements de chimio, après avoir bercé mon 2e… puis ma p’tite dernière. Durant ces trois années où il s’est offert un peu de temps, il a partagé certaines de ses sagesses. J’ai eu la chance de me reprendre, de créer un lien spécial avec lui. Nous avons eu de nombreuses conversations, dans lesquelles je le sentais en paix et ça m’apaisait aussi. En fait, c’est à nous, sa famille, qu’il a voulu donner du temps… C’est le plus beau cadeau qu’il m’a fait.

Mon grand-papa aux airs d’acteur Hollywoodien n’était pas très grand, mais il était un grand homme. Tes mots m’accompagnent encore. Je t’entends dire aujourd’hui: “C’est beau ça, ma fille”.

Photo de Véro St-Pierre.

Je n’ai connu qu’un seul de mes grands-pères. C’est déjà plus que bien des gens, je le sais. Mon grand-papa, il a 83 ans. Il n’a pas eu une vie des plus faciles, mais il a quand même su en faire quelque chose de beau. Il est fort mon grand-papa, même si je le bats au tir au poignet depuis l’adolescence! Il a survécu à deux infarctus, il a été greffé d’un rein, a subi une opération délicate à la hanche et y a perdu la vue d’un œil au passage. Dans ces moments difficiles, il a toujours eu un moral d’acier. Dans les dernières années, alors que c’était ma grand-mère qui éprouvait plus d’ennuis, il a pris le relais. C’est lui qui fait l’épicerie et les commissions. C’est lui qui conduit depuis des années, oui, avec un œil en moins. Même les trajets jusque dans le bas du fleuve ne lui font pas peur! C’est plutôt moi qui ai peur, peur de le perdre. Je sais que ça arrivera un jour. Comme il le dit si bien : « il faudra bien mourir de quelque chose ». Ça aussi, ça n’a pas l’air de lui faire peur.

Ce n’est pas l’homme le plus loquace que je connaisse, sauf quand il prend un verre! C’est à ce moment qu’il nous raconte des parties de sa jeunesse et nous parle de sa fierté d’avoir travaillé dans la même compagnie toute sa vie. J’ai souvent pensé qu’il se répétait un peu. Aujourd’hui, j’espère qu’il se répétera encore quelque temps. Et j’écouterai.

Je ne crois pas qu’il m’ait déjà dit « Je t’aime ». Mais il a sa façon à lui de le faire. Quand j’appelle ou que je vais faire un tour, il me dit « C’est beau ça ma fille » et alors je sais. Je sais qu’il est content, je sais qu’il est fier aussi et je sais qu’il m’aime. Ça aussi, c’est beau.

Je m’en veux de ne pas avoir été les voir en octobre comme j’avais promis. Je m’en veux de ne pas trouver la force d’appeler ma grand-mère pour lui montrer mon soutien. J’ai trop peur de pleurer. Elle va pleurer elle aussi. Je le sais. Je ne sais pas encore ce qu’il a mon grand-papa, mais je souhaite seulement avoir encore un peu de temps. Un peu de temps pour trouver du courage, de la force et un peu de temps pour tenir mes promesses. Un peu de temps aussi pour graver ces souvenirs à jamais dans mon cœur.