Quand rien ne va plus, take a Mini Cooper! – Ou mon escapade en sol bilingue

Ça fait un moment que le silence règne ici. Parce que c’est facile de mettre ses tripes sur la table quand ça va bien. Facile de dire aux autres, « regardez comme ma vie est belle, comme je suis bien et heureuse »! Facile de prendre mon équilibre en exemple pour tenter d’en inspirer d’autres à trouver le leur.

Mais la vie est une bitch, parfois. Ça, c’est moins beau, moins glam, moins cute à partager. Ça écorche de sortir mes tripes pour dire que mon équilibre, bin je l’ai perdu. Je me sens fragile, fatiguée, usée. Ça érafle en-dedans de dire que ma vie de famille, ce que je chéris le plus au monde, mes enfants, sont arrivés au bout de mon énergie. Comment ne pas sentir les larmes monter quand tu réalises que tu as tout ce dont tu as toujours rêvé, mais que tu n’arrives plus à t’en réjouir aussi souvent?

Je me suis réveillée un matin pour me rendre compte que je suis devenue la mère que j’ai toujours évité d’être. Celle qui est exaspérée. À bout de souffle. Qui crie après ses enfants. Qui s’impatiente pour un rien et qui se sent coupable l’instant d’après. Qui porte son amour à bout de bras pour éviter qu’il ne prenne l’eau.

Et là, des mois plus tard, j’écris. Enfin, je le dis. Haut et fort. Parce que ça va mieux. Parce que j’ai mis des mots sur ce qui me rongeait. Parce que je voudrais donc qu’on arrête de se morfondre chacun de notre côté, à l’abri des regards, des non-dits, des jugements. J’aimerais qu’on n’ait pas peur de s’avouer vaincu par petits bouts. Qu’on se flatte le nombril un peu pour revenir en force après. Qu’on accepte que la vie, aussi belle soit-elle, n’est pas toujours facile, même quand on a tout.

La dernière année a été intensément exigeante. J’ai pas assez dormi. J’ai puisé dans mes réserves, encore et encore, jusqu’à gratter le fond. Dans le brouhaha, j’ai laissé une distance trop confortable s’installer entre mon mari et moi. Subtile, mais réelle. J’ai continué de sourire, de faire tout ce que je faisais et même plus. Être occupée me donnait l’impression d’être invincible. Pourtant, je sais bien que je ne le suis pas.

Ça fait que, j’ai tiré la plug comme on dit! Deux transactions sur une carte de crédit et un sac à dos rempli plus tard, je suis partie pour la capitale du Canada: Ottawa! Mon réflexe a été de m’exiler. Quelques heures. Un peu plus de 24 heures, seule, à des centaines de kilomètres de la vie telle que je la connais. À faire ce dont j’avais envie, au moment où j’en avais envie. À reconnecter avec l’humain que je suis.

Vu l’état lamentable de la voiture de travail de Monsieur mon Mari, j’ai loué une voiture, question de me rendre à bon port… Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai vu que la « voiture de type compacte Toyota Yaris ou similaire » s’était miraculeusement transformée en Mini Cooper! Telle Charlize Theron dans Un boulot à l’italienne, j’ai traversé le panneau “Welcome in Ontario” avec une main sur le volant, le sourire aux lèvres et un fort sentiment de liberté. Bien sûr, j’allais pas voler de lingots d’or, mais conduire cette petite-qui-en-a-dedans a été le début d’une fin de semaine de pur bonheur! Étrange par moments, moi qui suis maintenant que trop peu habituée à la solitude et au silence, mais oh! combien bénéfique!

Mon naturel rieur, jovial et heureux est revenu au galop! Je marchais dans la ville d’Ottawa dimanche matin avec légèreté et j’avais enfin l’impression de retrouver la personne que je suis. J’étais submergée par le soleil éclatant et l’architecture des bâtiments. Comme un totem, j’ai présenté ma face au soleil le temps que mes poumons s’engorgent de tout cet air frais et ce remplissage d’énergie m’a comblée au plus haut point!

Évidemment, quelques petites réflexions et constats se sont imposés. Comme de lever un peu la pédale sur les projets. De choisir d’être là à 100 % quand je fais quelque chose plutôt que de tout faire à moitié. De ressortir mon bon vieux fil d’équilibre et de me réentraîner à marcher dessus, un pas à la fois.

Mes enfants m’ont manqué. Mon mari aussi. Aussi ironique que ça puisse paraître, j’en aurais pris plus parce que j’appréciais cet ennui. Et aussi parce que j’étais pas encore tannée de flatter mon nombril! 😉

Musique dans le tapis, j’ai repris ma petite Mini en sens inverse, déterminée à répéter l’expérience. À ne plus oublier cet humain que j’aime en moi. Cette personne que j’apprends encore à connaître et à respecter. Cette personne qui je sais redeviendra une bonne mère.

 

P.S. La ville qui se vante d’être bilingue au Canada ne l’est pas tant que ça… mais elle est belle en crime pareil!

P.S.S. Ma porte, mon téléphone, mes oreilles et mon coeur sont toujours ouverts à quiconque a envie d’arrêter de se morfondre et de jaser du côté bitch de sa vie. Je sais que tu l’aimes pareil. 😉

Costa Rica, tu m’inspires!

 

Costa Rica, pays où les routes suivent tant bien que mal le paysage époustouflant, où la nature luxuriante est au premier plan, où la familia est vénérée, où les femmes se sourient et s’assument, où les motos se succèdent, où les gens marchent pieds nus dans les rues, où la pauvreté s’installe partout, sauf dans les coeurs. Costa Rica, pays de fruits exquis, de plages paradisiaques, pays de surf et de lézards, autant dehors que dans la maison. Costa Rica, pays de la Pura Vida, de l’instant présent.

Eh pourtant! Ça n’aura pas été facile d’y voyager. Ça n’aura pas été facile d’en profiter. Dur, dur l’instant présent avec trois enfants de 5, 3 (presque) et 1 an (presque aussi!)! Nos attentes n’étaient pas si élevées pourtant. Nous n’avions pas prévu d’activités chaque jour et les principales consistaient à jouer dans le sable sur une plage… Nous ne nous étions pas imaginé non plus à faire les homards sur une chaise longue pendant que les enfants s’occupent sagement. Non, nous étions un peu fous de partir à cinq, mais nous étions quand même un peu réalistes.

Nous nous attendions à des interventions, à des nuits interrompues, à des crises dans l’avion. Nous étions prêts à affronter la chaleur parfois intense, les enfants fatigués ou une réaction allergique. J’avais acheté de l’immodium, du Benadryl, des Gravol. J’avais de la crème en masse, du chasse-moustique super efficace, des jeux, des collations. Bref, prête pour la guerre!!

Du moins, c’est ce qu’on pensait…

Heureusement que nous avions décidé, deux ou trois mois avant le départ, de changer la durée de notre voyage. My God qu’une semaine aurait été faite de regrets! Haha! C’est pas compliqué, ça a pris une semaine à nos petits vacanciers à s’adapter. Et encore, notre benjamin est redevenu lui-même une fois à la maison. Pendant deux semaines, il nous a servi une dizaine de crises par jour, minimum. Témoins à l’appui! 😉 Ça a été intense et très épuisant. Comme si ce n’était pas suffisant, nos deux plus jeunes ont fait de la fièvre et on a dû consulter. Un mélange d’anglais et d’espagnol plus tard, nous avions accumulé consultations, prescriptions et médicaments pour la modique somme de 300 $!

Parce que, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le Costa Rica, c’est pas donné. C’est comme un pays du tiers-monde qui se l’a créé (expression empruntée à mon beau-frère)! Du beurre de peanut à 12 $ le pot, genre. Tout ce qui est “américain” coûte les yeux de la tête. En même temps, il faut s’en douter. Eux, ils mangent des légumineuses et du riz pour déjeuner… Les céréales, le pain, la viande rouge, le chocolat, tout ça et bien plus encore sont des luxes. D’un autre côté, j’ai rarement mangé des fruits aussi juteux et savoureux. Les mangues! Vous n’avez jamais goûté à une mangue si vous ne n’en avez pas mangé une du Costa Rica! Du vrai bonbon!

Voyage d’émotions!

J’avoue donc bien égoïstement que j’aurais aimé découvrir cette contrée verdoyante en amoureux. La pura vida, c’est bien plus simple à deux! 😉 Mais on y allait pour rejoindre la famille. Ma soeur, mon beau-frère et leurs trois enfants que nous n’avions pas vus depuis juin 2016. Les retrouvailles furent émotives. Par chance, la nuit était tombée quand j’ai vu ma soeur. Sinon, elle aurait remarqué les larmes un peu trop abondantes dans mes yeux et le moment se voulait joyeux! Vous dire l’émotion qui m’a envahit quand j’ai vu mon beau-frère à l’aéroport avec sa pancarte! J’étais complètement surexcitée, fatiguée, fébrile et beaucoup trop émotive. Je sautais sur place en attendant que les bagages sortent du scanneur. Je voyais la sortie, je le voyais lui et j’avais l’impression de retrouver une partie de moi-même, dans un endroit qui m’était pourtant totalement étranger. Quel drôle de sentiment de savoir qu’eux ont fait tout ce chemin dans un VR! C’est comme irréel! Ouais, cette petite tribu-là, c’est ma deuxième famille.

Une des premières choses qui m’a émue ce sont les retrouvailles des enfants. Pour eux, c’est comme s’ils s’étaient vus la veille. Ils s’amusaient dans l’eau, rigolaient, se taquinaient. Ils ne se quittaient pas vraiment, si ce n’est que pour mieux se retrouver l’instant d’après. Ça fait chaud au coeur de savoir que des liens pour la vie se sont créés en si peu d’années de vie!

Ça a été un peu plus difficile pour les adultes je pense! Débarquer à 5 dans une casa qui contient déjà 5 autres membres, c’est un peu comme installer un clocher d’église sur une maison mobile et la faire résonner plusieurs fois par jour! Bien sûr, nous avons été chanceux d’avoir cet hébergement gratuit et nous en sommes reconnaissants, mais nous avions souvent l’impression de mettre fin à la quiétude qui régnait avant notre arrivée. Je pense qu’ils sont encore un peu traumatisés par notre trio infernal!! Nous avons quand même eu de bonnes discussions, des moments cocasses, plusieurs bonnes bouffes et des moments privilégiés, notamment un dîner entre soeurs et une randonnée à cheval avec ma nièce, un moment attendu avec impatience. Nous nous rappellerons toute notre vie de ces instants où nous étions dix au Costa Rica!! Comment oublier un fait aussi grandiose?

 

Comment ne pas s’extasier devant une vue aussi incroyable? Avec ses montagnes généreuses, le Costa Rica nous offrait des couchers de soleil d’une beauté à perpétuité! L’espace inexploré m’a soufflé un peu de mes racines en me faisant penser au Bas-St-Laurent. Comme quoi même à des milliers de kilomètres j’emporte mon Québec dans ma poche arrière! 😉 J’étais très heureuse d’avoir accès à toute cette abondance.

Pura Vida!

C’est plutôt contradictoire de parler d’abondance dans un pays qui n’a pourtant pas grand-chose comparé au nôtre. Mais c’est pourtant ce que j’ai senti. Pour la majorité des Costaricains, les biens matériels se font rares. Les maisons sont souvent un peu déglinguées, rapiécées ou incomplètes. La vie ne semble pas si mauvaise pour autant. Ils ont des écoles, des routes, des téléphones, des épiceries et des restaurants… et une partie de la population riche à craquer aussi… Je pense par contre que la source de leur bonheur est dans leur dicton: Pura Vida! Une vie simple, sans tracas. Ils n’ont pas un sou, mais ils profitent quand même de la vie. Il n’est pas rare de voir un commerce fermé une journée simplement parce qu’ils ont décidé de prendre congé. Et tout le monde vit bien avec ça! “Ah tiens, la location de voiture est fermée, c’est parce que je dois profiter de la plage aujourd’hui!”

Ça peut être frustrant que pour les nord-américains productifs et performants que nous sommes. Autant nous exigeons parfois trop ici, autant eux sont un peu extrémistes dans l’art de ne rien faire! 😉 Parlez de Alamo à mon mari, vous verrez!

Les enfants semblent aussi occuper une place importante. Ils accompagnent leurs parents au travail quand il n’y a pas d’école ou lorsqu’ils sont trop petits pour y aller. Oui, ils doivent participer au commerce ou s’occuper des plus petits s’ils ont l’âge, mais il se dégage quand même une solidarité familiale. C’est d’ailleurs beaucoup plus facile d’obtenir la sympathie et la courtoisie des gens quand ils voient que tu as des enfants. Si vous n’aimez pas quand un étranger touche votre bébé… Trop tard! Là-bas, toutes les femmes fondent à la vue d’un bambin!

Les femmes costaricaines m’ont d’ailleurs servi une bonne leçon. Quelques surfeuses ont le look qu’on s’imagine avec le titre et semblent tout droit sorties d’un film américain. La femme costaricaine typique est quant à elle un peu plus charnue. Bien sûr, la diversité corporelle n’a pas de nationalité, mais j’ai constaté que peu importe sa forme ou son poids, la femme costaricaine n’a pas peur d’exposer ses courbes. Elle semble étonnamment libérée et bien dans sa peau. Étonnant parce que le féminisme comme on le connaît ici n’a pas encore voyagé jusque-là. Jolie costaricaine, tu t’assumes, pis tu m’inspires à en faire autant! J’ai rapporté un peu de ton assurance dans ma valise, j’espère que tu m’en voudras pas trop! 😉

 

Ça fait que, Costa Rica, tu m’inspires! Tu me donnes envie de voyager plus. Tu m’as convaincue que je dois partir en couple au plus vite! 😉 Costa Rica, Pura Vida, même quand mon Rémi vomi dans l’auto sur un détour irréel dans une forêt de palmiers. Costa Rica, tout est relatif quand on réalise que détour il y a car un homme est mort dans un accident… toi seul peut me faire apprécier le bonheur d’être assez en vie pour vomir! Costa Rica, tu as donc mon amour, mais pas mon coeur, parce que tu me fais réaliser comme je suis bien ici. Costa Rica, pays de famille, tu me confirmes que nous cinq, c’est le plus beau nid que je peux avoir.

Si je devais partir

trio

J’ai l’esprit de lionne développé. Parmi mes inquiétudes quotidiennes, il y a celle de protéger mes petits tout en les laissant s’envoler, un petit coup d’aile à la fois… et celle beaucoup moins jolie de ne pas être là demain. De tomber gravement malade. D’avoir un accident. De laisser trois merveilleux êtres sans maman.

Sans en faire une épée de damoclès, je constate que c’est une préoccupation répandue chez l’espèce parents.

« Il ne faut surtout pas qu’il ne m’arrive rien. »

« Ils ont tant besoin de moi. »

Je dis souvent à mes enfants à la blague: « Ta mère, elle est folle! ». Et si ça devait arriver pour vrai?

Si je devais partir demain, le mois prochain ou l’année qui suit, te souviendras-tu de moi, mon enfant?

Te rappelleras-tu du vert de mes yeux, de la douceur de mes mains? Des chatouilles dans ton dos?

Auras-tu oublié les câlins matinaux? Ceux plus longs à ton retour de l’école ou de la garderie? Sais-tu que je m’étais ennuyée de toi?

Auras-tu compris tout l’amour qui se cachait derrière mes gros yeux? Te souviendras-tu plus de nos réconciliations que de mes envolées lyriques à la Vérozilla?

Demanderas-tu les plats que je te préparais? Les biscuits du père Noël, les tartes au sucre, les pâtes ou mon fameux pâté chinois? Les crêpes! Toutes ces montagnes de crêpes que j’ai préparées, bébé dans les bras, cernes aux yeux, café froid sur le comptoir? Arriveras-tu à les savourer autant? Avec cassonade et sirop bien sûr!

Te souviendras-tu d’avoir rit à en avoir mal au ventre? De ces moments où je fais le ninja ou le robot, que je parle chinois ou que je fais les pires singeries seulement pour les éclats de rires devenus mon bonheur? Des soirées musique ou je dansais debout sur les chaises?

Penseras-tu aux incalculables « maman » que tu as dits? À ces instants où j’en étais un peu exaspérée? Auras-tu compris que ça restait le plus beau nom qu’on m’ait donné?

Entenderas-tu encore mes « je t’aime » quand tu iras te coucher? Sentiras-tu encore les millions de baisers que je t’ai donnés?

Auras-tu vu mes forces et mes faiblesses? Seras-tu capable de t’en inspirer?

Te promèneras-tu dans les bois en pensant à nos découvertes? Aux coccinelles qu’on a observées, aux bouts de bois qu’on a transportés, aux arbres qu’on a admirés, aux lacs qui nous ont apaisés? À ces promenades en traîneau dans la cours, aux forts qu’on a construits, aux glissades qu’on a escaladées?

Te souviendras-tu des tours de vélo ou de poussette? Des promenades en voiture avec un lait au chocolat bien mérité? Mangeras-tu une guimauve sur le feu en pensant à moi?

Apprendras-tu les mêmes trucs à tes enfants pour s’habiller? Leur inventeras-tu des chansons? Parlerez-vous de moi tous les trois? Aurai-je laissé assez d’empreinte sur vos petits coeurs?

Regarderas-tu les milliers de photos que j’ai prises? Te feront-elles plus rire que pleurer?

Si je devais partir, est-ce que je serais encore là?

Trouveras-tu une maman d’adoption assez aimante pour te conduire à l’école? Pour aller aux rencontres de bulletin? Pour t’encourager à la piscine ou sur tes patins? Pour t’aider à choisir ta robe de mariée? Pour t’aider à te coiffer à ton bal? À ce moment précis-là, auras-tu une petite pensée pour moi?

Caresseras-tu les cheveux de tes enfants comme je le faisais pour toi? Les berceras-tu pendant des heures quand ils feront de la fièvre? Te souviendras-tu de nos Noël? Des décorations que je prenais plaisir à installer? De tes déguisements d’Halloween? Est-ce que j’aurai été assez bonne pour que tu t’inspires de tout ça?

Si je devais partir, me garderais-tu avec toi? À travers les fruits et légumes que je m’efforçais de te faire manger? De la crème que j’ai mise sur ta petite peau irritée? Des bulles dans le bain?

Si je devais partir, auras-tu reçu assez d’amour pour t’épanouir? Pour devenir l’adulte fort et déterminé que je vois en toi? Pour choisir une vie remplie d’amour et de passion?

Si je devais partir, auras-tu compris que jamais je ne vous quitterai?

Xavier, Rémi, Alice. Si je devais partir, parlez-moi. Faites les mêmes jeux, et pourquoi pas les mêmes crises tiens! Continuez d’aimer la vie et les gens. Ne m’oubliez pas, mais surtout ne vous oubliez pas. Continuez de grandir, de sourire. Jouez dans la neige comme avant. Regardez vos films préférés en préparant du popcorn. N’oubliez pas les mots doux et combien j’étais fière de vous, mais foncez dans cette vie qui est la vôtre.

Si je devais partir, je ne vous abandonnerai pas. Je prendrai votre main quand vous en aurez besoin. Une maman, c’est toujours là. Je m’arrangerai pour souffler vos bobos et vous tendre les bras. Je trouverai toujours le chemin des étoiles vers votre coeur. Parce que le mien est rempli à jamais de cet amour pour vous.

Si je devais partir, prenez soin les uns des autres. Aimez-vous. Restez unis, toujours. Aimez papa de toutes vos forces. Quand vous vous regarderez dans le miroir, voyez ce que je vois tous les jours et soyez-en fiers.

Si je devais partir, je manquerai tant de choses… mais au moins j’aurai eu le temps d’écrire un peu pour vous. Lisez-moi et je vivrai encore mon rôle de maman, le plus beau que j’ai eu, celui pour lequel je veux rester en santé et en vie aussi longtemps que je le pourrai. Celui pour lequel je m’efforce de vivre chaque jour comme si c’était le dernier. Si je devais partir, ce ne sera pas sans m’être battu de toutes mes forces! Sans avoir vécu une vie heureuse, remplie d’amour, de vous, de moi, de mon mari, de nous.

La culture du viol… ou le faux sentiment de liberté

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Culture du viol. Charmante expression, tout de même. C’est gros comme mot. Ça sous-entend une agression, une transgression, une oppression. C’est comme marcher avec un boulet au pied. Eh pourtant! C’est sournois, ça se glisse entre toutes nos failles, nos zones d’ombres, entre ces restants d’infériorité que l’Homme a semé dans la tête des femmes, et aussi, dans celle de nos hommes depuis leur tendre enfance.

Depuis quelques décennies, notre société permet aux femmes de sortir de leur maison, ou d’y rester. On a détruit – ou essayé de détruire – certains tabous, mais l’idée qu’une femme doive servir, plaire et se dévouer à la famille est demeurée empreinte dans les mœurs. On a accepté que les femmes puissent travailler, s’affranchir – tel l’esclave qu’on libère – ou se réaliser. Nos grands-mères ou nos mères ont brandi leur soutien-gorge dans les airs haut et fort en symbole de liberté. Mais cette liberté est-elle réelle?

Pour moi, c’est ça, la culture du viol. Avoir l’impression d’être libre, mais se heurter à des idées préconçues dignes du Mur de Berlin. Mais là, je sors mes belles images, sauf qu’un sujet comme ça, faut en parler sans détours, sans gants blancs. Parce qu’un moment donné, ça fera! 😉

Concrètement, pour toi, pour moi, pour nos enfants, ça veut dire quoi?

 

Histoire vraie 1 – Coucher ou ne pas coucher!

C’est moi, il y a dix ou quinze ans. Jeune femme dans la vingtaine qui rencontre un gars intéressant et qui se dit:

Pas le premier soir, pour pas avoir l’air salope… mais faut pas que je le fasse patienter trop longtemps sinon il va aller voir ailleurs!

Sérieusement? N’est-ce pas une belle preuve que je ne suis libre qu’en apparence? Dans cette réflexion, il n’est pas question de mes sentiments, de mes envies, de mes désirs. Il est question de ce que LUI pense, veut ou souhaite.

Ce n’est pas plus de sa faute à lui que de la mienne. Ce sont les idées qu’on nous met dans la tête depuis qu’on est tout petit. C’est le père qui est fier de son fils quand il ramène plusieurs conquêtes à la maison, mais qui est en colère quand sa fille se dévergonde trop à son goût. Les hommes chassent, les filles attendent le chasseur. Lâchez-moi L’Âge de pierre s’il-vous-plaît!!

Il serait temps qu’on montre à nos enfants le respect de soi et des autres, filles ou garçons. Il serait temps qu’on dise aux garçons que la sexualité est et sera toujours intimement reliée aux émotions et que ces émotions doivent être prises en compte et respectées. Qu’un consentement dans le but de plaire, de ne pas perdre, de ne pas déranger ou d’avoir l’air cool n’en est pas un. Qu’en tant qu’adolescent ou qu’homme, il mérite une adolescente ou une femme qui l’aime et le désire pour ce qu’il est. Et que cette même personne mérite tout autant d’être aimée et respectée. Ce n’est pas important que ce ne soit pas l’amour d’une vie. Ce qui est important c’est que deux personnes qui s’offrent l’une à l’autre se doivent à tout le moins assez de respect et d’affection pour penser autant à l’autre qu’à soi-même… ou autant à soi-même qu’à l’autre.

Il serait temps, aussi, qu’on traite les filles de la même façon que les garçons – et vice versa. Qu’on arrête de leur donner l’impression qu’elles sont moins fortes, moins bonnes, plus vulnérables. Qu’elles doivent faire attention… Il faut plutôt rendre hommage à la force féminine, semer une confiance si forte qu’elles feront de meilleurs choix. Leur dire qu’elles peuvent tout faire, qu’elles méritent l’amour, le respect, l’affection et la tendresse. Qu’être en couple n’est pas de faire un, c’est de marcher aux côtés d’une autre personne, tout en restant soi-même.

 

Histoire vraie 2 – Je suis agace puisque je parle!

Je suis à l’université. Début vingtaine. Je danse dans un bar avec des amies. Je ne suis pas célibataire et je ne prétends pas l’être non plus. Un gars s’approche avec ses amis. Il danse près de moi. Je me retourne vers lui, on danse de façon joyeuse, sans rapprochement et avec nos amis. Je suis amicale, sans plus. Il me demande mon nom. Je lui réponds. Il tente de se rapprocher. Je lui signifie alors que je suis en couple et que je ne fais que m’amuser avec mes amies. D’emblée, il me traite d’agace parce que depuis tantôt que je lui PARLE!

Je ne savais pas que répondre à quelqu’un qui me parle faisait de moi une agace!!! D’abord, c’est quoi au juste une agace? Parce que ça semble avoir le dos large comme concept! Pourquoi une fille n’aurait-elle pas le droit de s’amuser dans un bar, de rire un peu trop fort, de socialiser avec des gars et de quitter seule comme une grande? Pourquoi devient-elle une agace quand elle est en couple ou qu’elle ne souhaite tout simplement pas passer la nuit avec quelqu’un? Pourquoi échanger avec une fille, sans résultat autre que faire une nouvelle connaissance, aurait fait perdre un précieux temps au gars… scusez, au chasseur?

 

Histoire vraie 3 – L’entrevue

Se préparer pour une entrevue d’embauche! L’horreur! Pas de décolleté ou de jupe courte, pour ne pas donner l’impression d’une séductrice. Pas de col roulé, ça fait matante et pogné. Talons hauts, on se pense bonne ou trop confiante. Talons bas on n’est pas féminine. On se maquille un peu trop on est provocatrice, on se maquille peu ou pas on se néglige. Vêtements serrés, c’est trop sexy, vêtements amples, ça grossit. Le jugement sera plus doux si c’est une femme qui dirige l’entrevue… euh, non! Merde, je fais quoi? Finalement, j’y suis toujours allée pour un look traditionnel qui ne me ressemblait pas nécessairement toujours.

Bien sûr, le jugement en entrevue fait partie du processus. Bien sûr, les hommes y sont aussi examinés. Toutefois, le jugement sera plus sévère, plus personnel pour une femme. Son apparence fera partie intégrante des compétences… en bien ou en mal. L’homme, lui, c’est du bonus si son image concorde avec l’emploi. On regarde avant tout son curriculum. Un homme qui a confiance en lui est ambitieux. Une femme qui a confiance en elle n’a pas de cœur. Pour une femme, tout, absolument tout, peut être tourné de façon négative. Faux sentiment de liberté. Sans oublier la célèbre question sur les enfants. Un homme peut ou pas avoir de famille. On prend pour acquis que ça n’aura pas d’incidence sur son travail. Mais la femme… absences en vue! Il serait peut-être temps que cette responsabilité se partage un peu mieux et que la conciliation travail-famille ne soit pas seulement une expression bonbon qu’on aime lire sur un site Internet. Quoi que, c’est bien connu, une femme qui préfère travailler est égoiste et n’aime pas ses enfants! Peut-être qu’elle est une meilleure mère parce qu’elle travaille, mais on s’en fout, ce n’est pas ce que notre culture commande.

Et, ma petite phrase sur la femme qui dirige l’entrevue… ça me ramène directement à mon billet La fraternité maternelle… ou le club sélect du jugement. Les femmes sont tellement compétitives entre elles. Peut-être est-ce à cause de l’image parfaite de la femme parfaite véhiculée un peu partout. On juge les autres parce qu’on se met soi-même cette pression. Come on! La vie man, c’est bien plus beau et surtout bien moins compliqué que ça!

 

Histoire hypothétique 1 – La femme de carrière

C’est la maman femme d’affaires, avec un poste de direction ou d’importance. Celle qui manque parfois les parties de soccer, celle qui travaille tard, celle qui n’est pas parent-bénévole et qui manque parfois les rencontres avec le professeur. Instantanément, on va la juger. C’est une mère sans cœur, une femme qui n’a pas les bonnes priorités, celle qui n’aurait pas dû avoir d’enfants. Je vous pose la question, réagiriez-vous pareil s’il s’agissait d’un homme? Honnêtement, non. Le papa, c’est normal qu’il manque des parties de soccer. Le papa a le droit de travailler tard ou de sortir prendre une bière. Le papa est rarement parent-bénévole et on lui pardonnera de ne pas aller aux rencontres avec le professeur. Voyons! Il a autre chose à faire!

Faux sentiment de liberté. Encore. On fait croire aux femmes qu’elles ont autant le droit de travailler que les hommes… tant et aussi longtemps que sa priorité reste sa famille. Il est où le choix? Je ne parle même pas encore des femmes qui ont choisi de .ne pas avoir d’enfants! Comment peut-on ne pas vouloir d’enfants!? Assurément, elles vont le regretter. Je n’en peux plus de ces phrases remplies d’incompréhension et de manque d’ouverture!

Des histoires, j’en aurais encore des dizaines, voire des milliers, si je fouille un peu autour de moi. En quoi est-ce relié à la culture du viol? C’est simple. Pour moi, tant et aussi longtemps que les femmes ne seront pas égales à l’homme et les hommes égaux à la femme, la culture du viol existera. Parce qu’on continuera de voir la femme comme inférieure, comme un objet de désir d’abord.

Ça me tue! Parce que j’ai eu des exemples de femmes fortes à la pelletée! Parce que mes grands-mères, mais si elles étaient de leur temps, on su tenir tête à leur homme et à leur manière. Elles avaient du caractère et ne se laissaient pas mener facilement. Elles ont traversé de multiples épreuves avec dignité, courage et force. Elles sont une source constante d’inspiration pour moi.

C’est entre autres pour rester fidèle à ces femmes que je porte en moi que je n’aime pas me faire appeler par le nom de mon mari. J’aime ma belle-famille et j’en suis fière. Mais jamais je ne renierai l’héritage laissé par ces femmes non reconnues. Ces femmes dont les noms sont oubliés. J’étais, je suis et je serai toujours une St-Pierre.

 

Et je travaille fort pour que mes enfants soient vraiment libres. Que mes fils soient libres de penser différemment et de faire ce dont ils auront envie. Qu’ils soient ouverts d’esprit et qu’ils voient les femmes comme leur égal. Que ma fille soit libre de ses actes, de ses pensées, de ses désirs, de son corps. Qu’elle n’ait pas besoin de brandir son soutien-gorge haut et fort pour se sentir libre. Qu’à côté de sa culture ne s’insère plus aussi facilement le mot viol…

 

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Gérer le manque de sommeil… ou devenir Vérozilla!

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Il y a des jours comme aujourd’hui où j’ai l’impression d’être une bombe à retardement. Un mélange dangereux enfermé dans un ballon prêt à éclater d’un simple effleurement. J’ai exploré plusieurs pistes, comme un Baby Blues à retardement, une chute d’hormones post-allaitement, une accumulation de petites choses et bien sûr… le manque de sommeil.

Je suis plus irritable, moins patiente, plus brusque. J’ai les yeux qui ferment tout seul en plein milieu de la journée, souvent. Je pleure facilement aussi. J’ai éliminé le Baby Blues ou la dépression parce que ce ne sont pas des émotions ou des états qui m’habitent en permanence ou qui prennent la majeure partie de mes journées. Je n’ai pas non plus de mal de vivre ou l’impression d’être malheureuse. En fait, je suis très souvent joyeuse et totalement amoureuse de mon mari et mes enfants. J’ai aussi encore pas mal d’énergie! Même si je sens que celle-ci s’amenuise.

En ce qui concerne les hormones, je n’ai jamais eu une relation simple avec ces bibittes-là. Il se peut fortement qu’elles m’influencent un peu ou beaucoup selon l’étape du mois! 😉 Je suis une hormonale. Lire je suis une débile mentale une semaine par mois! Depuis que j’ai accouché d’Alice, ça s’étire même sur 12 à 15 jours. Parce que j’ai recommencé à avoir des crampes insoutenables comme une jeune adolescente avec un corps en effervescence… J’ai mal quelques jours avant, je veux mourir les 2-3 premiers jours et j’ai mal encore quelques jours après. Une moitié de mois où je ne suis pas moi-même! Faites le calcul, je suis invivable de 144 à 180 jours par année. Quasiment six mois! Ai-je besoin de vous dire que ces fluctuations de douleurs et d’émotions intenses épuisent également? Monsieur mon Mari est-il écœuré? À voir ses regards découragés frisant l’envie de m’égorger ce mois-ci, je pense que oui! 😛 Heureusement qu’on s’aime… beaucoup!

Ce qui laisse le dernier monstre en liste: le manque de sommeil. Parce que j’ai fait le décompte rapidement et j’ai pas beaucoup dormi ces 5 dernières années! Je ne me souviens même plus la dernière nuit complète sans me réveiller ou intervenir auprès d’un des enfants. Entre le bébé qui ne dort pas, le cauchemar de l’un, le verre d’eau de l’autre, le somnambulisme, les pleurs, les cris, les peurs, ma propre insomnie, le mari qui fait trop de bruit, les maux de dos ou de tout le corps enceinte, les envies de pipi… Une nuit de sommeil est devenue un concept flou, lointain, intouchable. Dans les cinq dernières années, je pense que c’est arrivé quelques jours par-ci, par-là. Disons quelques mois tout au plus et pas en continu. En 5 ans! Si on calcule l’insomnie de grossesse du premier fiston, on peut presque ajouter une année de plus avec un sommeil de marde. Oui, rendu là, on parle de marde.

Parce que y’a vraiment des bouts où je ne me reconnais plus. Ou je ne suis plus Véro ou p’tit cœur ou maman d’amour. Je suis Vérozilla. Un monstre ambulant avec des cernes en dessous des yeux, une voix caverneuse et des yeux qui sortent de la tête en deux secondes si on me cherche (et je suis facilement trouvable!)!!

Je ne pensais pas que ça se pouvait d’être aussi fatiguée et de fonctionner quand même. Notez que j’ai bien écrit fonctionner. On parle ici d’un proche synonyme du mot survivre. Parce que le lendemain, que t’aies dormi ou pas, ça se lève ces petits-là! Le lendemain, il y a des petits déjeuners à servir, des vêtements en plusieurs couches à enfiler, la cloche de l’école sonnera pas plus tard et les tâches continueront de s’accumuler. Et quand ça dure depuis des années… la transformation est imminente!

C’est difficile à comprendre pour ceux qui n’ont pas d’enfants. Ou pour les parents qui ont des enfants qui dorment (ça se peux-tu?), ou pour ceux qui ont oublié. Mais je vous le dis, on ne sait pas ce que c’est la fatigue avant d’être passé par là. Je sais, je sonne super cliché. Je déteste ça. Mais c’est ça pareil. Moi aussi, je pensais que je savais. J’avais encore le nombril vert faut croire (quelle drôle d’expression!)! 😛

Je n’aime pas me plaindre sur les choses dont je n’ai aucun contrôle. Et, je dois bien l’admettre, je n’ai absolument plus aucun contrôle sur mon sommeil. Dans ma tête, c’est ça aussi, des enfants. Des heures de sommeil en moins si nombreuses qu’on ne les compte plus. Qu’on ne sait même plus si c’est hier ou avant-hier qu’on s’est levé 10 ou seulement 5 fois. Pour moi, quand on ne peut pas contrôler quelque chose, vaut mieux ne pas se concentrer là-dessus, c’est tout. Sauf que, là, je trouve que ça commence à peser!

Ce qui m’amène au mot gérer. Gérer le manque de sommeil? Si je ne peux pas gérer le sommeil, je vais gérer le manque me suis-je dit! Ouff! Méchant contrat! On oublie les siestes en journée! Soit je suis incapable de rester en place en pensant aux choses à faire, soit je suis complètement assommée par une sieste trop ou pas assez longue! Et, faudra bien faire mes journées sans, un congé de maternité, ce n’est pas éternel! J’accumule les tasses de café, mais je ne vois pas trop d’effets, outre celui d’avoir mal à la tête quand j’oublie d’en prendre un!

Ça fait que j’ai opté pour le lâcher-prise. Je m’excuse à l’avance. Pour les fois où j’aurai été bête, ou moins souriante. Pour ces moments où j’écoute à moitié ou que je fixe un point précis avec aucune envie de décrocher. Je m’excuse pour la vaisselle que je n’ai pas faite, pour les piles de vêtements pas pliées en bas, pour les planchers que j’aurais dû laver il y a 2-3 semaines déjà et qui vont attendre encore. Pour avoir plutôt envie d’écrire sur mon blogue que de me taper le torchage de la cuisine. Je m’excuse aussi si j’oublie votre anniversaire ou que j’arrive en retard à un rendez-vous. Je m’excuse d’être parfois l’ombre de moi-même, celle en arrière de Vérozilla.

Un jour, peut-être, je dormirai plus. Mieux. Des nuits. Complètes de préférence. Je redeviendrai un jour, peut-être, tout simplement Véro.

 

P.S. Un gros merci à mon Xavier de trouver une face presque aussi bête que la mienne! 😛

P.S.S. J’affectionne particulièrement l’art de l’exagération. Je n’ai pas vraiment les yeux qui sortent de la tête… 😉