Véronique, 32 ans, équilibriste depuis 5 ans!

équilibre

La semaine passée, j’ai fêté mon 5e anniversaire. Youhou! La moitié d’une décennie, déjà. Je me souviens encore du moment où j’ai pris la décision de bouger, de poser une action, de changer mon casque de bord! J’étais dans mon bureau à la maison, je pleurais dans les bras de mon (à l’époque) futur mari. Tout me pesait. Je devais bien l’admettre, je n’étais plus heureuse dans ce travail qui m’enivrait pourtant au début. Dur constat. Une coup de pelle en pleine face!

Je ne savais pas encore quelle forme prendrait ce changement. En fait, je n’avais aucune mais aucune idée de ce que j’allais faire! Non pas parce que je n’aurais pas eu le talent de me présenter dans une grande agence ou de gravir les échelons ailleurs vers un poste de direction.

 

Je me prends pas pour de la bouette, hen! 😛 Attends, continue de lire, je ne suis pas si imbue de moi-même tu vas voir!

 

J’ai travaillé trois mois de nuit au Tim Hortons pour payer des dettes, tout en ayant un travail de jour à temps plein. Quand j’ai décidé de quitter, on m’a offert un poste d’assistante-gérante pour me retenir. Je suis comme ça. Je suis une leader. J’ai le talent d’avoir un peu de talent dans à peu près n’importe quoi, mais pas dans tout quand même! Je suis capable de donner aux autres ce qu’ils attendent, même un peu plus. Je suis capable de fonctionner avec ma tête.

 

Mais je ne suis heureuse que lorsque j’écoute mon coeur…

Donc voilà. Ce que je cherchais, ce n’était pas une promotion, un plus gros salaire ou plus de reconnaissance. J’étais à la recherche de mon équilibre. De ce qui me permettrait de me sentir bien, chaque jour. Je cherchais une vie vraie, sans masque, sans jeu, une vie où je pourrais placer les gens que j’aime en priorité.

Une vie avec moins de choses, mais plus d’émotions, d’expériences. Une vie où c’est la mémoire et le coeur qui se remplissent, au lieu de la maison. J’ai donné dans les gugusses, j’ai pas aimé!

Une offre est tombée pile à point. Devenir travailleuse autonome, mais avec un contrat presque garanti pour plusieurs années.

Au même moment, mon mari depuis peu et moi faisions la vie de galipettes pour avoir un enfant. Ça ne marchait pas. Les galipettes, oui, mais pas le bébé! 😛 J’ai toujours pensé que c’était parce qu’au fond, je n’étais pas dans le contexte que j’avais souhaité pour une famille. J’étais stressée, malheureuse dans ma vie professionnelle, insatisfaite aussi. Je ne voulais pas avoir un enfant dans cet environnement.

Non sans peurs, j’ai pesé sur le gros bouton rouge: offre acceptée! Pendant un mois, plusieurs personnes ont essayé de me dissuader, de me faire sentir coupable, de me faire regretter. Pendant ce mois, j’ai puisé dans mes réserves d’énergie pour rester positive, pour survivre, pour avoir la force de franchir le fil d’arrivée. J’ai reçu des remarques blessantes, mais c’était hors de question que je me laisse abattre!

Ce n’était pas facile, j’avais la chienne comme on dit. Si je me trompais? Si je n’aimais pas ça? Si tout s’effondrait et que je me retrouvais face à rien quelques mois plus tard? L’inconnu se pointait et j’étais loin de le regarder avec confiance. Mais je me suis jetée quand même.

 

«Tu es plus forte que ça», «Tout a toujours été au bout de ce que as entrepris», que je me disais.

 

Le 19 novembre 2010, ce fut ma dernière journée comme employé. Une semaine plus tard, j’étais officiellement travailleuse autonome. J’ai quitté des collègues que j’appréciais, un travail rémunéré correctement, une certaine sécurité.

 

Une réalité non reconnue

Ce n’est pas toujours facile aujourd’hui non plus. J’en entends de toutes les couleurs!

 

«C’est normal que vous ayez pas de femme de ménage, Véronique est à maison»…

Véronique a son bureau à la maison, elle ne passe pas ses journées à regarder la télé et à faire du ménage (tout comme les femmes au foyer d’ailleurs!!).

 

«T’es chanceuse toi, tu travailles pas à temps plein»

J’ai la chance de travailler 3-4 jours par semaine, c’est vrai. Je sais que plusieurs femmes m’envient, certains hommes aussi. Mais j’ai créé cette chance. J’ai fait des choix. Je n’ai certainement pas choisi celui d’avoir la reconnaissance des autres…

 

«Ayoye, tu peux travailler en pyjama!»

Je peux. Mais c’est contre-productif. Je ne le fais jamais.

 

«T’es bin, tu n’as pas de comptes à rendre à personne!»

Comme tout le monde, j’ai des comptes à rendre. Des résultats à obtenir. Je ne pense pas qu’on me ferait encore confiance 5 ans plus tard si mon travail n’était pas bon. Du cheap labor, il y en a à la tonne!

 

«C’est pas pareil avoir des enfants quand tu travailles»

Deux mots: Je travaille.

 

Je pourrais continuer longtemps. Pour ceux que ça intéresse:

  • Je gagne moins de 20 000 $ par année en travaillant à temps partiel. C’est pourquoi nous devons accepter les heures suppémentaires de mon mari sans trop rechigner!
  • Il m’arrive de travailler le soir ou les fins de semaine parce que j’ai priorisé des rendez-vous pour les enfants en journée ou que je les ai laissé dormir, par exemple.
  • Je fais mon ménage la fin de semaine, avec l’aide de mon mari.
  • Il m’arrive de commencer le souper le midi ou de faire une brassée de lavage. Si c’est le cas, je mange en vitesse et je ne prends pas de pause.
  • Je suis dans la maison 7 jours sur 7. Enough said!
  • Il est très rare que je parle à un adulte dans ma journée, ormis la gardienne de mes enfants 5 min. Ça explique ma présence assidue sur Facebook. Oui, j’aimerais mieux avoir de “vrais” amis!
  • Je n’ai aucun congé ni vacances payés. Si mon mari n’avait pas d’assurances, je n’en n’aurais pas non plus.

Mais loin de moi l’idée de me plaindre! Je suis heureuse dans cette vie qui est la mienne. Aujourd’hui, cinq ans plus tard, je me fous de ce que pensent les autres. J’ai trouvé mon équilibre.

 

La personne qui compte

La seule chose que j’aimerais que les gens comprennent, c’est que c’est possible pour tout le monde. C’est une question de choix, de priorités et de ce qu’on aime. J’ai mentionné les points moins l’fun parce qu’il y en a, comme dans n’importe quoi. Reste que, pour moi, les avantages surpassent les inconvénients.

J’ai bien dit POUR MOI. Et c’est ce qui compte. Chacun ses ambitions, ses rêves. Mais dans la vie on a deux choix: rêver toute sa vie ou se donner les moyens de vivre ses rêves.

Alors cesse de me dire que je suis chanceuse et AGIS! Construis tes rêves, raconte-les, marche, cours vers eux s’il le faut. N’abandonne pas. Fais de toi la personne qui compte.

 

Il est temps de vivre la vie que tu t’es imaginée…

À peine deux mois avant de changer d’emploi, nous avons laissé cette phrase aux invités de notre mariage. Ce n’était pas sans hasard. J’avais pris une décision, j’ai fait confiance à la vie et j’ai été bien récompensée. J’ai laissé le changement venir à moi et je l’ai accepté. Il était temps pour mon mari et moi de vivre cette vie de famille, d’amour et d’expériences. On en parlait depuis des années, le temps était venu d’agir.

C’est ce que nous avons fait, ensemble. Sans l’appui de mon cher époux, je ne pourrais me permettre de gagner si peu d’argent, vous vous en doutez bien. Ça implique autre chose pour nous: moins de dépenses, des épiceries calculées, peu de restaurants, etc.

Notre paye, ce sont nos enfants. C’est cliché, quétaine, appelez ça comme vous voulez. Mais c’est ça pareil. Quand je ne serai plus de ce monde, on pourra dire ce qu’on veut sur moi, mais jamais on pourra dire que nous n’avons pas été des parents présents et impliqués.

J’espère que mes garçons et ma fille seront fiers des choix que j’ai faits plus tard. J’espère qu’ils comprendront la passion que j’ai mise dans tout ce que je faisais. J’espère qu’ils réaliseront à quel point j’aimais la vie dans toute sa simplicité, dans sa véracité et dans sa beauté. J’espère qu’ils verront que j’aimais la vie non pas parce qu’elle est facile, mais justement parce qu’elle nous rend plus forts.

 

J’ai aucune idée de ce qui m’attend dans cinq ans. Je continuerai tant que je serai bien. Je n’ai pas de plan, sinon celui de rester heureuse.

 

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Véro

Femme dans la jeune trentaine, je suis aussi une heureuse épouse et mère de deux garçons. Riche d'une décennie en communication et marketing et de mon histoire aussi simple que rocambolesque, je partage avec vous mes humeurs du moment.

4 thoughts on “Véronique, 32 ans, équilibriste depuis 5 ans!”

  1. Salut! je n’ai plus autant l’occasion de te lire, mais dans un petit moment de pause je le fait! Encore une fois superbe histoire, je suis dans moment de vie où je termine un chapitre du livre de ma vie et c’est vraiment pas facile, mais ton histoire me remet les pieds sur terre et me redonne ma petite voix intérieure qui me dit qu’il va y avoir quelque chose de bien qui m’attend peut importe le chemin que je décide d’emprunter, il suffit juste de le trouver ce chemin. Mais bon lâches pas ton beau travail et c’est toujours un plaisir de te lire.
    A+
    Sandra

    1. Merci d’avoir pris le temps de me lire durant ta pause! Je me demandais où tu étais passée! 😛 J’espère bien te rencontrer en 2016 et je suis très heureuse de savoir mon cousin en aussi bonne compagnie! Continue de croire en toi.

  2. Tres beau texte la belle soeur . Un de mes préféré a se jour. La morale de se texte : ont s’en fou tu de ce que le monde pense, l’important c’est de faire un travail qu’ont aime et d’etre heureux la dedans. Pis d’arreter de dire que tout le monde est chanceux pour si pour sa . Dans la vie ont crée sa chance par les gestes qu’ont pose , par les désicions qu’ont prend . Chaque personnes ont le pouvoir d’etre heureux , mais combien oses . Ils ont peur de l’inconnu , ils veulent rester confortable . Mais toi tu fais partie de ces gens qui ont osée . Félicitation!!
    Yannick

    1. Heu, tu me surprends mon beau-frère! Dommage que tu ne laisses pas toujours paraître ce côté de toi aux autres! 😉

      Merci de me lire et de commenter chaque fois! xx

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