Costa Rica, tu m’inspires!

 

Costa Rica, pays où les routes suivent tant bien que mal le paysage époustouflant, où la nature luxuriante est au premier plan, où la familia est vénérée, où les femmes se sourient et s’assument, où les motos se succèdent, où les gens marchent pieds nus dans les rues, où la pauvreté s’installe partout, sauf dans les coeurs. Costa Rica, pays de fruits exquis, de plages paradisiaques, pays de surf et de lézards, autant dehors que dans la maison. Costa Rica, pays de la Pura Vida, de l’instant présent.

Eh pourtant! Ça n’aura pas été facile d’y voyager. Ça n’aura pas été facile d’en profiter. Dur, dur l’instant présent avec trois enfants de 5, 3 (presque) et 1 an (presque aussi!)! Nos attentes n’étaient pas si élevées pourtant. Nous n’avions pas prévu d’activités chaque jour et les principales consistaient à jouer dans le sable sur une plage… Nous ne nous étions pas imaginé non plus à faire les homards sur une chaise longue pendant que les enfants s’occupent sagement. Non, nous étions un peu fous de partir à cinq, mais nous étions quand même un peu réalistes.

Nous nous attendions à des interventions, à des nuits interrompues, à des crises dans l’avion. Nous étions prêts à affronter la chaleur parfois intense, les enfants fatigués ou une réaction allergique. J’avais acheté de l’immodium, du Benadryl, des Gravol. J’avais de la crème en masse, du chasse-moustique super efficace, des jeux, des collations. Bref, prête pour la guerre!!

Du moins, c’est ce qu’on pensait…

Heureusement que nous avions décidé, deux ou trois mois avant le départ, de changer la durée de notre voyage. My God qu’une semaine aurait été faite de regrets! Haha! C’est pas compliqué, ça a pris une semaine à nos petits vacanciers à s’adapter. Et encore, notre benjamin est redevenu lui-même une fois à la maison. Pendant deux semaines, il nous a servi une dizaine de crises par jour, minimum. Témoins à l’appui! 😉 Ça a été intense et très épuisant. Comme si ce n’était pas suffisant, nos deux plus jeunes ont fait de la fièvre et on a dû consulter. Un mélange d’anglais et d’espagnol plus tard, nous avions accumulé consultations, prescriptions et médicaments pour la modique somme de 300 $!

Parce que, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le Costa Rica, c’est pas donné. C’est comme un pays du tiers-monde qui se l’a créé (expression empruntée à mon beau-frère)! Du beurre de peanut à 12 $ le pot, genre. Tout ce qui est “américain” coûte les yeux de la tête. En même temps, il faut s’en douter. Eux, ils mangent des légumineuses et du riz pour déjeuner… Les céréales, le pain, la viande rouge, le chocolat, tout ça et bien plus encore sont des luxes. D’un autre côté, j’ai rarement mangé des fruits aussi juteux et savoureux. Les mangues! Vous n’avez jamais goûté à une mangue si vous ne n’en avez pas mangé une du Costa Rica! Du vrai bonbon!

Voyage d’émotions!

J’avoue donc bien égoïstement que j’aurais aimé découvrir cette contrée verdoyante en amoureux. La pura vida, c’est bien plus simple à deux! 😉 Mais on y allait pour rejoindre la famille. Ma soeur, mon beau-frère et leurs trois enfants que nous n’avions pas vus depuis juin 2016. Les retrouvailles furent émotives. Par chance, la nuit était tombée quand j’ai vu ma soeur. Sinon, elle aurait remarqué les larmes un peu trop abondantes dans mes yeux et le moment se voulait joyeux! Vous dire l’émotion qui m’a envahit quand j’ai vu mon beau-frère à l’aéroport avec sa pancarte! J’étais complètement surexcitée, fatiguée, fébrile et beaucoup trop émotive. Je sautais sur place en attendant que les bagages sortent du scanneur. Je voyais la sortie, je le voyais lui et j’avais l’impression de retrouver une partie de moi-même, dans un endroit qui m’était pourtant totalement étranger. Quel drôle de sentiment de savoir qu’eux ont fait tout ce chemin dans un VR! C’est comme irréel! Ouais, cette petite tribu-là, c’est ma deuxième famille.

Une des premières choses qui m’a émue ce sont les retrouvailles des enfants. Pour eux, c’est comme s’ils s’étaient vus la veille. Ils s’amusaient dans l’eau, rigolaient, se taquinaient. Ils ne se quittaient pas vraiment, si ce n’est que pour mieux se retrouver l’instant d’après. Ça fait chaud au coeur de savoir que des liens pour la vie se sont créés en si peu d’années de vie!

Ça a été un peu plus difficile pour les adultes je pense! Débarquer à 5 dans une casa qui contient déjà 5 autres membres, c’est un peu comme installer un clocher d’église sur une maison mobile et la faire résonner plusieurs fois par jour! Bien sûr, nous avons été chanceux d’avoir cet hébergement gratuit et nous en sommes reconnaissants, mais nous avions souvent l’impression de mettre fin à la quiétude qui régnait avant notre arrivée. Je pense qu’ils sont encore un peu traumatisés par notre trio infernal!! Nous avons quand même eu de bonnes discussions, des moments cocasses, plusieurs bonnes bouffes et des moments privilégiés, notamment un dîner entre soeurs et une randonnée à cheval avec ma nièce, un moment attendu avec impatience. Nous nous rappellerons toute notre vie de ces instants où nous étions dix au Costa Rica!! Comment oublier un fait aussi grandiose?

 

Comment ne pas s’extasier devant une vue aussi incroyable? Avec ses montagnes généreuses, le Costa Rica nous offrait des couchers de soleil d’une beauté à perpétuité! L’espace inexploré m’a soufflé un peu de mes racines en me faisant penser au Bas-St-Laurent. Comme quoi même à des milliers de kilomètres j’emporte mon Québec dans ma poche arrière! 😉 J’étais très heureuse d’avoir accès à toute cette abondance.

Pura Vida!

C’est plutôt contradictoire de parler d’abondance dans un pays qui n’a pourtant pas grand-chose comparé au nôtre. Mais c’est pourtant ce que j’ai senti. Pour la majorité des Costaricains, les biens matériels se font rares. Les maisons sont souvent un peu déglinguées, rapiécées ou incomplètes. La vie ne semble pas si mauvaise pour autant. Ils ont des écoles, des routes, des téléphones, des épiceries et des restaurants… et une partie de la population riche à craquer aussi… Je pense par contre que la source de leur bonheur est dans leur dicton: Pura Vida! Une vie simple, sans tracas. Ils n’ont pas un sou, mais ils profitent quand même de la vie. Il n’est pas rare de voir un commerce fermé une journée simplement parce qu’ils ont décidé de prendre congé. Et tout le monde vit bien avec ça! “Ah tiens, la location de voiture est fermée, c’est parce que je dois profiter de la plage aujourd’hui!”

Ça peut être frustrant que pour les nord-américains productifs et performants que nous sommes. Autant nous exigeons parfois trop ici, autant eux sont un peu extrémistes dans l’art de ne rien faire! 😉 Parlez de Alamo à mon mari, vous verrez!

Les enfants semblent aussi occuper une place importante. Ils accompagnent leurs parents au travail quand il n’y a pas d’école ou lorsqu’ils sont trop petits pour y aller. Oui, ils doivent participer au commerce ou s’occuper des plus petits s’ils ont l’âge, mais il se dégage quand même une solidarité familiale. C’est d’ailleurs beaucoup plus facile d’obtenir la sympathie et la courtoisie des gens quand ils voient que tu as des enfants. Si vous n’aimez pas quand un étranger touche votre bébé… Trop tard! Là-bas, toutes les femmes fondent à la vue d’un bambin!

Les femmes costaricaines m’ont d’ailleurs servi une bonne leçon. Quelques surfeuses ont le look qu’on s’imagine avec le titre et semblent tout droit sorties d’un film américain. La femme costaricaine typique est quant à elle un peu plus charnue. Bien sûr, la diversité corporelle n’a pas de nationalité, mais j’ai constaté que peu importe sa forme ou son poids, la femme costaricaine n’a pas peur d’exposer ses courbes. Elle semble étonnamment libérée et bien dans sa peau. Étonnant parce que le féminisme comme on le connaît ici n’a pas encore voyagé jusque-là. Jolie costaricaine, tu t’assumes, pis tu m’inspires à en faire autant! J’ai rapporté un peu de ton assurance dans ma valise, j’espère que tu m’en voudras pas trop! 😉

 

Ça fait que, Costa Rica, tu m’inspires! Tu me donnes envie de voyager plus. Tu m’as convaincue que je dois partir en couple au plus vite! 😉 Costa Rica, Pura Vida, même quand mon Rémi vomi dans l’auto sur un détour irréel dans une forêt de palmiers. Costa Rica, tout est relatif quand on réalise que détour il y a car un homme est mort dans un accident… toi seul peut me faire apprécier le bonheur d’être assez en vie pour vomir! Costa Rica, tu as donc mon amour, mais pas mon coeur, parce que tu me fais réaliser comme je suis bien ici. Costa Rica, pays de famille, tu me confirmes que nous cinq, c’est le plus beau nid que je peux avoir.

La culture du viol… ou le faux sentiment de liberté

femme-libre

Culture du viol. Charmante expression, tout de même. C’est gros comme mot. Ça sous-entend une agression, une transgression, une oppression. C’est comme marcher avec un boulet au pied. Eh pourtant! C’est sournois, ça se glisse entre toutes nos failles, nos zones d’ombres, entre ces restants d’infériorité que l’Homme a semé dans la tête des femmes, et aussi, dans celle de nos hommes depuis leur tendre enfance.

Depuis quelques décennies, notre société permet aux femmes de sortir de leur maison, ou d’y rester. On a détruit – ou essayé de détruire – certains tabous, mais l’idée qu’une femme doive servir, plaire et se dévouer à la famille est demeurée empreinte dans les mœurs. On a accepté que les femmes puissent travailler, s’affranchir – tel l’esclave qu’on libère – ou se réaliser. Nos grands-mères ou nos mères ont brandi leur soutien-gorge dans les airs haut et fort en symbole de liberté. Mais cette liberté est-elle réelle?

Pour moi, c’est ça, la culture du viol. Avoir l’impression d’être libre, mais se heurter à des idées préconçues dignes du Mur de Berlin. Mais là, je sors mes belles images, sauf qu’un sujet comme ça, faut en parler sans détours, sans gants blancs. Parce qu’un moment donné, ça fera! 😉

Concrètement, pour toi, pour moi, pour nos enfants, ça veut dire quoi?

 

Histoire vraie 1 – Coucher ou ne pas coucher!

C’est moi, il y a dix ou quinze ans. Jeune femme dans la vingtaine qui rencontre un gars intéressant et qui se dit:

Pas le premier soir, pour pas avoir l’air salope… mais faut pas que je le fasse patienter trop longtemps sinon il va aller voir ailleurs!

Sérieusement? N’est-ce pas une belle preuve que je ne suis libre qu’en apparence? Dans cette réflexion, il n’est pas question de mes sentiments, de mes envies, de mes désirs. Il est question de ce que LUI pense, veut ou souhaite.

Ce n’est pas plus de sa faute à lui que de la mienne. Ce sont les idées qu’on nous met dans la tête depuis qu’on est tout petit. C’est le père qui est fier de son fils quand il ramène plusieurs conquêtes à la maison, mais qui est en colère quand sa fille se dévergonde trop à son goût. Les hommes chassent, les filles attendent le chasseur. Lâchez-moi L’Âge de pierre s’il-vous-plaît!!

Il serait temps qu’on montre à nos enfants le respect de soi et des autres, filles ou garçons. Il serait temps qu’on dise aux garçons que la sexualité est et sera toujours intimement reliée aux émotions et que ces émotions doivent être prises en compte et respectées. Qu’un consentement dans le but de plaire, de ne pas perdre, de ne pas déranger ou d’avoir l’air cool n’en est pas un. Qu’en tant qu’adolescent ou qu’homme, il mérite une adolescente ou une femme qui l’aime et le désire pour ce qu’il est. Et que cette même personne mérite tout autant d’être aimée et respectée. Ce n’est pas important que ce ne soit pas l’amour d’une vie. Ce qui est important c’est que deux personnes qui s’offrent l’une à l’autre se doivent à tout le moins assez de respect et d’affection pour penser autant à l’autre qu’à soi-même… ou autant à soi-même qu’à l’autre.

Il serait temps, aussi, qu’on traite les filles de la même façon que les garçons – et vice versa. Qu’on arrête de leur donner l’impression qu’elles sont moins fortes, moins bonnes, plus vulnérables. Qu’elles doivent faire attention… Il faut plutôt rendre hommage à la force féminine, semer une confiance si forte qu’elles feront de meilleurs choix. Leur dire qu’elles peuvent tout faire, qu’elles méritent l’amour, le respect, l’affection et la tendresse. Qu’être en couple n’est pas de faire un, c’est de marcher aux côtés d’une autre personne, tout en restant soi-même.

 

Histoire vraie 2 – Je suis agace puisque je parle!

Je suis à l’université. Début vingtaine. Je danse dans un bar avec des amies. Je ne suis pas célibataire et je ne prétends pas l’être non plus. Un gars s’approche avec ses amis. Il danse près de moi. Je me retourne vers lui, on danse de façon joyeuse, sans rapprochement et avec nos amis. Je suis amicale, sans plus. Il me demande mon nom. Je lui réponds. Il tente de se rapprocher. Je lui signifie alors que je suis en couple et que je ne fais que m’amuser avec mes amies. D’emblée, il me traite d’agace parce que depuis tantôt que je lui PARLE!

Je ne savais pas que répondre à quelqu’un qui me parle faisait de moi une agace!!! D’abord, c’est quoi au juste une agace? Parce que ça semble avoir le dos large comme concept! Pourquoi une fille n’aurait-elle pas le droit de s’amuser dans un bar, de rire un peu trop fort, de socialiser avec des gars et de quitter seule comme une grande? Pourquoi devient-elle une agace quand elle est en couple ou qu’elle ne souhaite tout simplement pas passer la nuit avec quelqu’un? Pourquoi échanger avec une fille, sans résultat autre que faire une nouvelle connaissance, aurait fait perdre un précieux temps au gars… scusez, au chasseur?

 

Histoire vraie 3 – L’entrevue

Se préparer pour une entrevue d’embauche! L’horreur! Pas de décolleté ou de jupe courte, pour ne pas donner l’impression d’une séductrice. Pas de col roulé, ça fait matante et pogné. Talons hauts, on se pense bonne ou trop confiante. Talons bas on n’est pas féminine. On se maquille un peu trop on est provocatrice, on se maquille peu ou pas on se néglige. Vêtements serrés, c’est trop sexy, vêtements amples, ça grossit. Le jugement sera plus doux si c’est une femme qui dirige l’entrevue… euh, non! Merde, je fais quoi? Finalement, j’y suis toujours allée pour un look traditionnel qui ne me ressemblait pas nécessairement toujours.

Bien sûr, le jugement en entrevue fait partie du processus. Bien sûr, les hommes y sont aussi examinés. Toutefois, le jugement sera plus sévère, plus personnel pour une femme. Son apparence fera partie intégrante des compétences… en bien ou en mal. L’homme, lui, c’est du bonus si son image concorde avec l’emploi. On regarde avant tout son curriculum. Un homme qui a confiance en lui est ambitieux. Une femme qui a confiance en elle n’a pas de cœur. Pour une femme, tout, absolument tout, peut être tourné de façon négative. Faux sentiment de liberté. Sans oublier la célèbre question sur les enfants. Un homme peut ou pas avoir de famille. On prend pour acquis que ça n’aura pas d’incidence sur son travail. Mais la femme… absences en vue! Il serait peut-être temps que cette responsabilité se partage un peu mieux et que la conciliation travail-famille ne soit pas seulement une expression bonbon qu’on aime lire sur un site Internet. Quoi que, c’est bien connu, une femme qui préfère travailler est égoiste et n’aime pas ses enfants! Peut-être qu’elle est une meilleure mère parce qu’elle travaille, mais on s’en fout, ce n’est pas ce que notre culture commande.

Et, ma petite phrase sur la femme qui dirige l’entrevue… ça me ramène directement à mon billet La fraternité maternelle… ou le club sélect du jugement. Les femmes sont tellement compétitives entre elles. Peut-être est-ce à cause de l’image parfaite de la femme parfaite véhiculée un peu partout. On juge les autres parce qu’on se met soi-même cette pression. Come on! La vie man, c’est bien plus beau et surtout bien moins compliqué que ça!

 

Histoire hypothétique 1 – La femme de carrière

C’est la maman femme d’affaires, avec un poste de direction ou d’importance. Celle qui manque parfois les parties de soccer, celle qui travaille tard, celle qui n’est pas parent-bénévole et qui manque parfois les rencontres avec le professeur. Instantanément, on va la juger. C’est une mère sans cœur, une femme qui n’a pas les bonnes priorités, celle qui n’aurait pas dû avoir d’enfants. Je vous pose la question, réagiriez-vous pareil s’il s’agissait d’un homme? Honnêtement, non. Le papa, c’est normal qu’il manque des parties de soccer. Le papa a le droit de travailler tard ou de sortir prendre une bière. Le papa est rarement parent-bénévole et on lui pardonnera de ne pas aller aux rencontres avec le professeur. Voyons! Il a autre chose à faire!

Faux sentiment de liberté. Encore. On fait croire aux femmes qu’elles ont autant le droit de travailler que les hommes… tant et aussi longtemps que sa priorité reste sa famille. Il est où le choix? Je ne parle même pas encore des femmes qui ont choisi de .ne pas avoir d’enfants! Comment peut-on ne pas vouloir d’enfants!? Assurément, elles vont le regretter. Je n’en peux plus de ces phrases remplies d’incompréhension et de manque d’ouverture!

Des histoires, j’en aurais encore des dizaines, voire des milliers, si je fouille un peu autour de moi. En quoi est-ce relié à la culture du viol? C’est simple. Pour moi, tant et aussi longtemps que les femmes ne seront pas égales à l’homme et les hommes égaux à la femme, la culture du viol existera. Parce qu’on continuera de voir la femme comme inférieure, comme un objet de désir d’abord.

Ça me tue! Parce que j’ai eu des exemples de femmes fortes à la pelletée! Parce que mes grands-mères, mais si elles étaient de leur temps, on su tenir tête à leur homme et à leur manière. Elles avaient du caractère et ne se laissaient pas mener facilement. Elles ont traversé de multiples épreuves avec dignité, courage et force. Elles sont une source constante d’inspiration pour moi.

C’est entre autres pour rester fidèle à ces femmes que je porte en moi que je n’aime pas me faire appeler par le nom de mon mari. J’aime ma belle-famille et j’en suis fière. Mais jamais je ne renierai l’héritage laissé par ces femmes non reconnues. Ces femmes dont les noms sont oubliés. J’étais, je suis et je serai toujours une St-Pierre.

 

Et je travaille fort pour que mes enfants soient vraiment libres. Que mes fils soient libres de penser différemment et de faire ce dont ils auront envie. Qu’ils soient ouverts d’esprit et qu’ils voient les femmes comme leur égal. Que ma fille soit libre de ses actes, de ses pensées, de ses désirs, de son corps. Qu’elle n’ait pas besoin de brandir son soutien-gorge haut et fort pour se sentir libre. Qu’à côté de sa culture ne s’insère plus aussi facilement le mot viol…

 

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Réflexions d’un trajet de bus

Transport abribus
Transport abribus

Je suis allée voir Céline sur le fly, en autobus. Je me suis sentie comme une ado, non pas à cause des nombreuses émotions que m’a procurées le spectacle, mais bien grâce au contexte de cette belle soirée. Un coup de téléphone d’une vieille amie, comme dans le temps, avant Facebook et les textos, qui me dit qu’elle a un billet de libre quelques heures plus tard. Moi, digne de la easy going que j’étais beaucoup plus avant, je m’élance sur l’occasion! Plus pratique, moins compliqué et moins cher en prime, je marche jusqu’à l’arrêt d’autobus, vers cette bonne vieille 96 jusqu’à Bonaventure.

Je souris aux souvenirs que ce trajet m’apporte. Je savoure ce petit voyage dans le temps qui me permet aussi de constater tout le chemin parcouru depuis. Et je me désole aussi de voir tout le monde rivé sur son écran de téléphone, de tablette, à la recherche de Pokémon tiens! 😉 Dans le temps, on se parlait… ou on dormait! Je me suis faite des amis, un chum aussi, sur ce trajet de bus. Ouais, on se parlait définitivement plus.

Je suis assise sur le banc en tissu bleu, sourire aux lèvres, bloc-notes et stylo en main, à noter ce trop-plein d’idées. Un bloc-notes et un stylo! Peut-être que je vieillis, mais comme je suis encore un peu cute, je dirai plutôt que je suis vintage. Je regarde les nuages dilués dans ce ciel bleu éclatant, les nouveaux graffitis, le nouveau Pont Champlain en construction, la frénésie de la ville… Je ne peux m’empêcher de penser que je profite plus de l’instant que ces autres en avant de moi, tête baissée, à la recherche d’on ne sait quoi! À ce rythme, de quoi seront faits les souvenirs de demain?

L’instant présent, vous connaissez? Depuis quand il se passe sur un téléphone? Ça s’est poursuivi pendant le spectacle. Céline entre sur scène, ça se met à filmer. Elle salue, ah, tiens! une photo! Pourquoi pas un selfie aussi que tout le monde sache que j’ai vu Céline… comme des milliers d’autres cet été au Québec.

J’ai préféré remplir mes yeux et mes oreilles de chaque note, chaque parole. J’ai bu la musique, dansé la mélodie. Je me suis laissée porter par une idole de jeunesse qui, elle, a laissé la vie teinter ses interprétations. Une sensibilité, une maturité, une expérience de vie qui se sentait dans chacun de ses gestes, les plus fous comme les plus subtiles. Je me suis dit que c’est comme ça que je veux vieillir. Avec un bagage bien à moi qui laissera ses traces bien à lui. Et avec des milliers d’instants qui auront abreuvé mon âme autant que mon cœur.

Avant, tout était plus lent. Certains diront moins productif. Je dirais plutôt que ça nous forçait à s’arrêter, à apprécier, à s’émerveiller, à vivre, tout simplement.

C’est aussi pour ça que j’ai décidé de me calmer le pompon à la fête de mon grand. Cette année, je suis allée easy! Des pâtes, du pain, un mini-entrée. That’s it. J’ai plutôt décidé de profiter de cette journée. J’ai même pas lavé mon plancher! Ça sert à quoi, anyway, quand une vingtaine de personnes entrent et sortent de chez vous? Depuis quand les fêtes d’enfants sont devenues siiii compliquées? Je suis peut-être mère indigne ou pas cool du tout (honnêtement, j’en doute, il devrait bien me rester 4-5 ans avant l’échéance 😉 ), mais je n’embarque pas dans le jeu de qui fera la plus grosse fête. De toute façon, on se fera pas de cachette icitte (ma nouvelle expression fétiche), j’ai pas les moyens de payer la moitié d’un zoo, 2 clowns, 3 maquilleuses et un gâteau quatre étages en fondant à 4-5 $ la portion!

Au lieu, on a décidé de partir deux semaines au Costa Rica. Avec les enfants. Avec ma sœur et sa famille. Dans un beau quartier et une belle villa, mais assez loin des lieux touristiques. On veut voir le pays, pas les touristes du pays… On veut permettre à nos enfants de voir, de toucher, d’écouter autre chose. Je comprends de plus en plus le voyage de ma sœur, ce besoin de se créer un monde à nous parce que celui qui nous entoure, parfois, est un peu n’importe quoi. J’ai besoin d’une vie plus brute où les expériences, les instants courts comme les longs et le bonheur, sans trop d’artifices, priment.

leonardo da vinci

Leonardo Da Vinci a dit, tout juste avant de mourir:

J’ai offensé Dieu et l’humanité parce que mon travail n’a pas atteint la qualité qu’il aurait dû avoir’

 

Si ce génie n’a pas assez offert à l’humanité, n’y a-t-il pas des millions de gens qui se la coulent un peu trop douce? Et moi, que ferais-je dans ce monde pour laisser une marque?

 

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Source image Leonardo Da Vinci