Je voulais te dire

mariage 4 sept 2010

Je voulais te dire que je ne t’ai pas oublié. Je voulais te dire qu’aujourd’hui encore, si j’avais un choix à faire, c’est toi que je prendrais. Je voulais te dire que je me souviens.

Ce matin, je suis allée faire une ballade en auto avec Rémi qui faisait dodo. Une chanson, un soleil à l’horizon, il ne m’en fallait pas plus. L’image de deux personnes dans la début vingtaine, assis sur le bord de l’eau, qui discutent de rien de spécial, mais de tout à la fois. Je ne voyais que toi cet après-midi-là.

Je me souviens du moment où j’ai pris LA décision qui changerait ma vie. Celle de miser la moitié de ma grosse fortune sur notre rencontre… Vingt dollars. C’est rien. Vingt dollars sur quarante avec deux loyers à payer et pas d’emploi, c’est énorme. J’ai risqué et cette fois-là, j’ai gagné.

La voiture qu’on a acheté ensemble continuait de rouler ce matin, quand je me suis souvenue de notre première date officielle. De la soirée passée à regarder des maisons. De toi, qui m’expliquais tes projets. Au fond, on n’avait juste pas le goût de se quitter, mais c’était trop tôt pour l’avouer. Je me suis souvenue aussi, de la première fois qu’on s’est embrassé… de tes mains qui glissaient un peu trop haut. 😉

Je n’ai pas oublié les soirées collés l’un à l’autre, les moments partagés jusqu’à la dernière seconde… celle où la réalité nous rattrapait. Celle où je travaillais un peu trop, celle où tu partais en trombe pour ne pas rater ton hockey.

Je n’ai pas oublié ta vieille Honda Civic rouge et ma Tercel bleue qu’on a pris plaisir à baptiser. Je n’ai pas oublié notre souper fondue interrompu, trop pressés de se retrouver.

Je me souviens très bien de ces fois où on marchait. On marchait pour parler, on marchait pour se louer un film, on marchait pour s’amuser, on marchait pour s’inspirer, on marchait pour être ensemble. On n’écoutait pas d’émissions dans ce temps-là. Toi, moi, c’est tout ce dont on avait besoin.

Je voulais te dire que je n’ai pas oublié tout ce qu’on était, tout ce qu’on est devenu non plus. Je voulais te dire que chaque fois que le quotidien nous éloigne un peu, je te choisis à nouveau. Je choisis les épaules qui m’ont séduite, je choisis ton sourire complice, tes regards attendris. Je choisis l’athlète que t’es devenu, le père attentionné que tu offres à nos fils. Je choisis toutes les petites attentions auxquelles j’ai droit, je choisis les massages que je ne te rends pas assez souvent. Je choisis ton besoin de prendre l’air, tes objectifs un peu intenses. Je choisis de boire plus de café juste pour t’accompagner.

Parce que aimer, ça n’a rien d’un conte de fée. Ce n’est pas magique, ce n’est pas toujours facile. Ce n’est pas moins beau pour autant. Si ça se trouve, c’est encore plus romantique d’avoir à se souvenir. C’est bien plus beau de se choisir plusieurs fois. Je voulais te dire qu’encore aujourd’hui, j’ai décidé de t’aimer, de toutes mes forces, de tout mon être, de tout mon cœur.

 

Crédit photo: Michel Bouthillier photographe

Là fois où je me suis prise pour Balboa

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Aujourd’hui, j’étais prise d’une mission. Celle de retrouver le goût de courir. Armée d’une paire de baskets un peu trop vieux et de pantalons un peu trop grands, j’ai parcouru les rues de mon voisinage avec le feu sacré. Il ventait, il faisait pas bien chaud et quelques petits flocons tombaient. Mon iPod shootait à mes oreilles son élixir rock. C’est là, à ce moment précis, avec un flocon qui me collait sur le sourcil, que je me suis prise pour Rocky Balboa. Soudainement, je me voyais grimper les fameuses marches à Philadelphie avec les poings en l’air. Pourtant, j’ai pas accompli d’exploit. J’ai pas mis un russe blindé KO. Je suis seulement partie avec l’idée de retrouver la paix, quelque part entre mes jambes qui avancent et ma tête qui voudrait arrêter.

Ça marché. J’étais fière, enivrée par cette petite victoire. Trois ans de lutte, d’essais, d’erreurs, de blessure, de découragement, mais d’espoir aussi. Et puis, voilà. J’ai trouvé! Suffit de s’amuser. Facile à dire. Facile à faire aussi, quand on y pense…

Tout a commencé avec un petit Rémi un peu trop gros pour ma vessie (mais ça, c’est une autre histoire… à suivre!). Interdiction de reprendre le jogging après la grossesse. Il y avait autre chose à régler de bien plus important pour la santé d’une maman. Alors j’ai découvert le spinning, parce que c’est bien beau une grosse bédaine quand ça bouge dedans, mais quand elle est vide, ça attire pas les mêmes regards! Ce fût une histoire d’amour. 🙂 Comme toutes bonnes relations, ça n’a pas été facile. Il a fallu s’apprivoiser un peu, accepter l’humilité de la chose, semer à grosses gouttes pour récolter plus tard. Et le fun est arrivé. Celui de se sentir bien. Celui de voir les progrès, chaque semaine. Celui de se regarder dans le miroir et de s’aimer un peu plus. Celui d’enfiler la fameuse paire de jeans d’avant. Celui d’être moins fatiguée en ayant pourtant plus travaillé. Celui de sourire en même temps que de suer. Celui d’avoir hâte au prochain rendez-vous.

J’ai enfin compris. La course a toujours été une lutte parce que je ne l’avais jamais fait dans le but de m’amuser. La course, c’était pour la balance que je la faisais… La balance et les autres. Bin oui, parce que moi, autant j’en suis fière, autant j’ai le malheur d’être entourée de coureurs. J’en ai même un accro à plein temps dans la maison! J’assiste à des événements sportifs depuis des années. J’encourage toujours les efforts de ceux qui m’entourent. Je les souligne aussi à qui veut bien me tendre un semblant d’oreille. Mais si le jogging est un sport “in” depuis quelque temps, il n’est pas fait pour tous. Contrairement à un jugement populaire auquel j’ai souvent droit, la forme physique de quelqu’un ne dépend pas seulement du nombre de kilomètres qu’il est capable de dévaler.

Je préfère être une Rocky Balboa. J’ai un but précis, mais je veux toucher à tout pour y arriver. Je veux créer un entraînement qui me ressemble, à coups de pédales, de saut d’obstacles au galop parfait et d’une paire de baskets trop vieux. Je veux monter mes escaliers à moi avec les poings en l’air et crier ma version de “Adrienne” aussi fort que je le pourrai quand je voudrai abandonner. Non pas parce que j’aurai couru plus longtemps ou plus vite que la fille d’à côté, mais parce que j’aurai eu du plaisir dans ce que je fais. Surtout, je veux y mettre du coeur. Parce que mon coeur, ça toujours été ça qui m’a menée le plus loin.

Aujourd’hui, j’avais une mission. Celle de retrouver le goût de courir. En fait, j’ai retrouvé le goût d’avoir du plaisir. Et c’est encore meilleur.

 

Crédit photo via Pinterest

Bébé kamikaze deviendra grand

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Petit Rémi,

Toi et moi, on est due pour une p’tite discussion. Mais bon, t’as seulement huit mois, alors écrivons pour plus tard! 😉 Mon p’tit chat, t’as même pas encore eu droit à l’euphorie du chocolat que tu m’as déjà arrêté le cœur de tourner quelques fois! Je sais que ça l’air amusant une plinthe de chauffage, mais j’aimerais éviter que tu te brûles les mains encore une fois… Et pour les escaliers, avoir su que j’aurais un bébé comme toi, j’aurais choisi un plain-pied j’te jure! Sans doute tu sais que j’ai encore 10 livres à perdre et tu t’arranges pour me faire courir! C’est gentil de penser à ma forme physique, mais j’aimerais mieux qu’elle n’implique pas un danger de mort, tsé!

Pourquoi tiens-tu tant à te péter la margoulette? Tu bouges tellement dans ton lit que tu es en train d’en dévisser un côté (pas de farce)! Et les fils électriques en arrière du sofa… je comprends pas! As-tu eu un entraînement militaire dans mon ventre pour te faufiler aussi creux en si peu de temps? Je fais de mon mieux pour t’éviter des bobos inutiles, mais je m’excuse à l’avance pour les photos où t’auras des bleus…

Si Xavier était un rayon de soleil qu’on pouvait observer des heures bébé, toi t’es ma p’tite tornade, mon bébé kamikaze, toujours prêt à aller au front! Je te rassure, t’es une fichue belle tornade et j’ai jamais vu des kamikazes aussi gentils que toi!! Tes sourires me font fondre chaque fois et je me reconnais beaucoup en toi.

Mais bon, un jour, tu deviendras grand toi aussi. Et comme je me suis moi-même pétée la margoulette à quelques reprises, au sens propre comme au figuré, voici quelques trucs qu’il faut que tu saches mon bébé kamikaze.

Foncer c’est bien, foncer en ayant réfléchi c’est mieux. Quand je te regarde te jeter sur un jouet comme si c’était le dernier morceau d’ananas sur la Terre (t’adore les ananas), je me revois plus jeune, foncer toujours plus vite et parfois plus fort que les autres pour avoir ce que je veux. Saches différencier les envies des besoins. Foncer pour quelque chose qui nous fera grandir en vaut toujours le coup. Autrement, on a des regrets trop souvent.

Encaisse seulement les coups que tu mérites. Parfois la force, physique comme mentale, ça nous place dans des drôles de situations. On a le goût de défendre tout le monde ou alors on pardonne tout. Reconnais toujours tes torts, mais ne laisse personne t’utiliser.

N’oublie jamais tes racines. Rester au même endroit plus de 2 minutes c’est pénible pour toi. Il semble toujours y avoir quelque chose de plus intéressant qui t’attend! Tu auras beau voir le monde entier, il te faudra toujours savoir d’où tu viens pour comprendre les messages que la vie t’envoie.

– Tu es responsable de ton propre bonheur. Tu aimes beaucoup nous faire rire, surtout ton frère. Recevoir un éclat de rire te remplie de joie. Tout le monde aime les gens qui sont drôles. Garde ton esprit rieur, mais n’oublie jamais que le seul bonheur dont tu es responsable est le tien. Malgré tous tes efforts, tu ne rendras jamais quelqu’un heureux si cette personne n’est pas heureuse avec elle-même.

En amour, tiens-toi loin des tempêtes. Voir la façon dont tu t’élances vers le danger me rappelle à quel point j’ai longtemps chercher les émotions fortes. Ah non, pas les montagnes russes! J’ai toujours détesté ça, je faisais semblant d’aimer ça juste pour aller à la sortie d’école! Je parle plutôt des relations trop intenses. En amour, c’est pas bon les montagnes russes. On fini toujours par redescendre, trop vite, trop fort, trop, tout simplement. Rappelle-toi que les hauts doivent toujours être plus nombreux que les bas.

Sois fidèle. Fidèle à toi-même avant tout. Tu as tout pour accomplir ce que tu voudras: du charme à en revendre, un sourire remplie d’amour, une personnalité fonceuse. Ne laisse jamais personne te dire que tu ne peux pas faire quelque chose d’important pour toi, y compris moi. Je sais déjà de toute façon que tu le feras quand même! 😉

Quant à moi, j’essaierai toujours de te guider sans trop te brimer. Ça ne sera pas facile, toi qui clames déjà une petite indépendance! Ce n’est certainement pas notre dernière discussion mon p’tit kamikaze… Certains deviennent plus sages en vieillissant, bien moi je suis devenue maman, tout simplement! 😉 Et je t’aimerai toujours autant, bleus ou pas! xxx