Marcher le temps

J’ai écrit ce texte dans le cadre d’un projet spécial de recueil pour l’application gratuite de mon beau-frère Alex. Ce journal de bord en ligne est parfait pour rédiger à peu près n’importe quoi. 😉 Il y avait un thème imposé: le temps. J’ai laissé mon côté un peu plus poétique s’exprimer, mais en lisant un peu entre les lignes, on y apprend 2-3 trucs sur quelques chapitres de mon humble vie!

-Véro

 

marcher

 

Quand j’étais enfant, je tournoyais avec le temps, m’accrochais à ses promesses. Il était mon ami, synonyme de bonheur à venir, de scénarios enfin réalisés. Le temps était mon indépendance, ma liberté.

Jusqu’au jour où il a commencé à filer. Vite comme l’éclair, impardonnable, sans pitié. Chaque seconde, chaque minute, chaque heure sont devenues souvenirs figés. Figés dans un passé qui m’apparaissait encore présent et qui, hier encore, était mon futur. Le temps faisait mal, il laissait des traces, des blessures. Il ne guérissait rien, mais il accumulait tout: les échecs, les pertes, les erreurs. Je devais m’en débarrasser, m’enfuir.

C’est alors que le combat a commencé. Courir semblait une bonne idée. Performer était le seul moyen d’être efficace dans ce temps compté. Il me fallait trouver plus. Plus d’argent, plus d’amour, plus de bonheur. Mon temps devait être rempli à ras bord pour être à son plein goût… et ensuite être bouffé à grosses cuillerées. Comme si le temps pouvait être acheté et consommé!

Il m’a fallu du temps, cher et précieux, pour comprendre. Comprendre que sa valeur est dans les expériences qu’on lui apporte. Il est devenu une priorité. Est-il plus fort que l’argent? Est-ce qu’il rend l’amour plus doux? J’ose croire que oui. Le temps est devenu la monnaie de ma vie. C’est avec lui que je créé mes plus beaux souvenirs, que je bâtis ma famille, que j’aime mon mari. Le temps laisse bien des traces, mais elles sont le reflet de la beauté. Une beauté que l’on surnomme aussi la vie.

Il m’arrive encore de lui tendre la main pour jouer. Ensemble, on tournoie, on imagine le futur, on espère, on croit. Je préfère qu’il soit mon ami. J’ai longtemps cru que j’en avais assez, des amis. Je me rends compte aujourd’hui qu’on en n’a jamais trop. Que lorsque le temps nous fait défaut, lorsque la vieillesse ou la maladie prend le dessus, il ne nous reste plus que ce qu’on a bâti. Ce à quoi notre temps a servi.

Et vous, qu’en ferez-vous? Remplirez-vous votre temps d’expériences? Le laisserez-vous vous montrer l’amour? Permettrez-vous au temps de tracer sa beauté, ses richesses? Parce qu’au fond, le temps n’est ni seconde, ni minute, ni heure, ni jour. Le temps est ce que vous en faites. Moi, j’ai décidé de le marcher, de le vivre, de l’aimer.

 

Crédit photo

Published by

Véro

Femme dans la jeune trentaine, je suis aussi une heureuse épouse et mère de deux garçons. Riche d'une décennie en communication et marketing et de mon histoire aussi simple que rocambolesque, je partage avec vous mes humeurs du moment.

One thought on “Marcher le temps”

  1. Comme c’est bien écrit!
    Je suis rendue au moment dans ma vie où je commence à comprendre la signification de ton texte. C’est pourquoi ce soir, je viens de décider d’aller m’asseoir avec un bon livre et un thé, en pyjama! Je PRENDS le temps! 🙂

Comments are closed.