La richesse, rien de moins!

citation albert camus

Ça fait un peu plus de quatre ans que j’ai causé la consternation autour de moi avec une décision plus émotionnelle que rationnelle. Baccalauréat en communication en poche, travail bien rémunéré en marketing, personnalité appréciée en milieu de travail. Pour plusieurs, une carrière prospère s’ouvrait à l’horizon.

Malgré tout, j’ai fait le move comme on dit. J’ai troqué un travail stimulant (dans une ambiance parfois décevante par contre) pour… mais oui, pour quoi au juste? Quatre ans plus tard, on me pose toujours la question. Rares sont ceux qui comprennent ce que je fais. Gagner sa vie en rédigeant des billets (en anglais) sur des blogues (des quoi?) de la maison, c’est comme pas la norme. S’il me faut parler en plus de publicité en ligne, je suis certaine de perdre 90% de mon auditoire! Réseaux sociaux, commentaires sur d’autres sites, infolettres… ça rime à quoi tout ça?

J’avoue que j’ai eu un petit deuil. C’était facile, avant, de “montrer” ce que je faisais en sortant une circulaire, en faisant écouter une pub radio, en pointant du doigt un panneau d’autoroute. J’étais dans le concret, le tangible. Même si, au fond, la publicité, c’est du vent. N’empêche que, dans le regard des autres, je me sentais plus importante ou plus intelligente.

Aujourd’hui, je m’en fous un peu. Je ne sais pas si ce sont les années qui emportent la sagesse au passage, mais je n’ai pas autant besoin de la reconnaissance des autres. Il est vrai que j’aimerais parfois que ma famille et mes amis comprennent mieux mon travail, mais en fait, ce n’est pas si important non plus.

“Mais tu étais une fille fonceuse, avant?”

Je le suis toujours. Ne pas avoir besoin de reconnaissance, ça ne veut pas dire ne pas avoir d’ambition. J’ai l’ambition, entre autres, de ne pas retourner travailler à l’extérieur de la maison. J’ai l’ambition, aussi, de me dépasser dans ce que je fais, de mener à terme et avec succès de nouveaux projets. J’ai l’ambition de nourrir mon esprit de défis, d’alimenter ma passion pour l’écriture, la communication, la publicité. Surtout, j’ai l’ambition de concilier mon travail et ma famille avec doigté.

Mon deuxième congé de maternité s’achève. Je retourne au travail sous peu. J’ai eu une rencontre de type formation en ce sens aujourd’hui. Je suis emballée par ce qui m’attend, surprise par le beau mélange de responsabilités et de tâches incontournables qu’on m’a réservé.

Contrairement à ce qui me plaisait de dire au secondaire, on ne me verra pas à la télé. Contrairement à ce que je pensais au cégep, je ne découvrirai pas le monde sous un nouveau jour avec des reportages de fond. Contrairement à ce que je croyais à l’université, je ne révolutionnerai pas le monde des relations publiques (bin oui, j’ai jamais voulu faire les choses à moitié).

Par contre, il y a une chose que j’ai toujours dite et que je ferai: je serai une mère. Une mère qui travaille et qui aime s’accomplir. Une mère active qui pense aussi à elle à l’occasion. Une mère dévouée qui passe plus de temps avec ses enfants que sans. Une mère amoureuse qui gardera toujours du temps pour son couple. Une mère épanouie, qui, avant même d’être mère, a choisi sa famille avant sa carrière.

Certains diront que je me contente de ça?! La vérité en fait, c’est que j’ai trouvé mon équilibre à moi. La vérité c’est qu’il ne s’agit jamais de se contenter quand on laisse le coeur nous guider. La vérité, c’est que j’ai trouvé la richesse qui me convient.

 

Citation d’Albert Camus via Pinterest

Une année de mercis!

merci

Il y a des jours où je mettrais mes deux garçons sur Kijiji… pas cher, pas cher (pas sérieusement, on s’entend). Ces derniers temps, ça m’arrivait d’y penser un peu plus souvent. Pas parce qu’ils étaient moins gentils. Au contraire. Sauf que moi, j’étais plus fatiguée.

C’est étrange à quel point les nuits écourtées un temps, ça donne presque de l’énergie. On fonctionne sur l’adrénaline… c’est enivrant d’accomplir autant avec si peu de sommeil. Sauf que le manque de sommeil, ce n’est pas comme un élastique qui s’étire, non c’est plus comme un boomerang. On ne le voit pas venir, mais ça nous pète en pleine face un moment donné.

Ça fait que j’ai tout de suite accepté quand Monsieur mon Mari m’a proposé une soirée d’amoureux. C’était parfait! Petit souper, soirée ciné et dodo sans les enfants. Ok, on a parlé de nos deux p’tits minous pendant une heure et on avait hâte de retourner les chercher, mais se réveiller sans aucun bruit, doucement, juste parce que notre corps était rassasié, c’était plus que délicieux. C’est comme un coït ininterrompu: ça laisse un petit sourire niaiseux sur les lèvres.

Finalement, c’est vraiment ce dont j’avais besoin. Parce que, aujourd’hui, j’ai abattu une tâche après l’autre avec l’attitude du guerrier. Un guerrier de bonne humeur quand même. Faire des tartes et des carrés aux dattes entre deux poursuites de monstre et une imitation 100% parodiée d’Elvis, ça met comme une ambiance festive dans la maison. Cherchez pas mes deux garçons sur Kijiji aujourd’hui! 😉 Pis si vous fêtez Noël avec moi cette année, il y a des chances que ma tarte soit un peu plus sucrée!

Puis, j’ai été frappée par cette vague de reconnaissance. J’ai eu une année extraordinaire. Certains diront “encore!”… Oui, aussi. Mais c’est plus que ça. Cette année, je l’ai aimée, appréciée, dégustée. Cette année, je ME suis aimée, appréciée… mais pas dégustée quand même! 😉 Et je réalise que s’aimer, ça part peut-être de soi, mais ça aide quand d’autres sont là pour toi aussi.

C’est pour ça qu’aujourd’hui, j’ai le goût de dire merci (vous excuserez la liste d’épicerie et le côté beaucoup trop personnel de ce billet!).

Merci à ma belle-maman. T’es fatiguée toi aussi, je le sais. T’es là quand même. Pour les petits, pour ton fils et pour moi aussi. Sans toi, je ne serais pas une maman aussi équilibrée. Je suis là pour toi aussi, tsé.

Merci à la pouliche et à matante “Déa”. Pouliche, ma petite soeur d’adoption, t’es une perle, vraiment. Ton écoute, tes anecdotes, tes rires et ta présence auprès des garçons me rendent meilleure. “Déa”, partner de spin, marraine étoile, la dernière année fut la nôtre. Je suis contente de l’avoir partagée à tes côtés. Merci pour la motivation et les petits challenges, je te dois une partie de mon amour-propre!

Mes trois beaux-frères, que ferais-je sans vous? À commencer par toi Mike. Tu m’as permis une qualité de vie exceptionnelle avec mes enfants. Je sais que Pete et toi travaillez fort pour y arriver. Tu es un modèle sur tellement de sphères! Alex, t’es fou! 😛 Je t’admire, tu m’inspires, merci! Yannick, on pourrait écrire un recueil avec toutes nos niaiseries… n’empêche que je serai toujours là, joke ou pas! 😉

Maman. Je sais que je t’ai souvent dérangée avec mes appels. T’as toujours pris le temps quand même. Merci d’avoir compris que j’avais besoin de parler une autre langue que le bébé!

Péné et Annie. Vous m’avez fait découvrir une nouvelle passion. Tout se passe dans la tête, mais je suis quand même contente que ça se voit aussi sur mon corps! 😉 Vous inspirez la santé et j’ai l’intention de vous suivre encore un bout!

Coach. Ça fait quelques années déjà, je t’admire toujours autant. Si j’arrive à développer avec mes fils une petite partie de la chimie que tu as, toi, avec ta Sarah, je pourrai dire mission accomplie. Sans compter que tu m’amènes toujours plus loin dans ma première passion et celle qui me fait encore vibrer 20 ans plus tard. Tu fais partie de cette dose dont j’ai besoin.

Josée. Je ne sais pas si c’est vrai qu’on choisit ses parents, mais c’est sûr que je t’ai choisie toi. Comme soeur, comme amie, comme complice, comme exemple. Grâce à toi, j’en ai encore appris un peu plus sur moi, merci.

Merci aussi aux nouvelles amitiés inattendues et aux plus anciennes. Chacun à votre façon, vous me soufflez du bonheur et me faites un grand bien.

La petite famille Chouinard. De beaux moments avec vous encore cette année. Un lien privilégié. Une amitié simple et solide.

Merci aux nombreux enfants dans ma vie. Aux miens en particulier. Vous me donnez des ailes avec votre coeur d’enfant. Vous me faites travailler sur mes défauts, mais vous me mettez aussi mes qualités sous le nez. C’est bon d’être à vos côtés.

Monsieur mon Mari. Le “dream team” c’est toi et moi. Amis, parents, époux, amants, amoureux. Tu appuies mes projets, mes besoins. Tu éclaires mes doutes, tu alimentes mes passions. Je peux m’appuyer sur toi autant que tu peux t’appuyer sur moi.

Aux huit grands-parents de nos vies. Aux quatre parents qui ont décidé, un jour, d’en fabriquer un autre… Sans vous, ma petite famille à moi n’existe pas. Sans vous, Xavier et Rémi n’y sont pas. Sans vous, le monde serait tellement moins beau.

 

Crédit photo via Pinterest

La fin d’une génération

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Ce matin, 3 décembre 2014, on a appris la mort de Jean Béliveau. Hockeyeur d’exception, homme de grande classe. Il avait 83 ans.

Ma sonnerie trop festive retentit. C’est ma mère.

-“As-tu eu mon message hier?”

-“Non, je l’ai pas vu.” Inquiète par le ton de sa voix, s’en suit tout de suite: “Qu’est-ce qu’il y a?” Bien sûr, je sais ce qu’il y a.

-“J’ai eu des nouvelles de ton grand-père. Il va pas bien, il est à l’hôpital.”

Gilles Soucy, mon grand-père. Un père exceptionnel, un grand-père aimé, un pilier. Il a 84 ans.

Ça fait un an qu’il se bat contre un cancer. Pas vraiment pour lui survivre, juste pour avoir quelques beaux moments avant de partir. Surtout, même s’il ne l’a jamais dit, je pense qu’il voulait nous laisser du temps pour nous préparer… Un an plus tard, il est épuisé, fatigué, lourd. Ses organes ont commencé à le lâcher. La fin s’en vient, j’imagine.

On dira à qui veut bien l’entendre que c’est la vie. On dira que bien d’autres sont morts avant lui. On dira que, finalement, il a eu une belle vie. Et puis, de quoi nous souviendrons-nous? L’avons-nous écouté? Qu’est-ce qu’on dira à nos enfants de cette génération qui s’en va?

Ce sont les visages des bâtisseurs du Québec qui s’effacent tranquillement. Ces hommes qui ont tout construit de leurs mains, qui, avec courage et force, ont défriché le Québec au sens propre comme au figuré. Ces femmes aussi qui ont littéralement peuplé le Québec, qui ont sacrifié leur corps et leur jeunesse au nom d’une nation et d’une religion qui ne redonnait pas souvent ses richesses.

Au-delà des exploits plus retentissants des Béliveau de ce monde, que retient-on de cette génération “tranquille”? Qui se souviendra de ces enfants devenus grands trop tôt? De ces pères et ces mères qui ont tout donné alors qu’ils n’avaient rien? De ces grands-parents qui nous invitaient avec une table trop garnie? Qui se souviendra de leurs danses enjouées, de leur musique qualifiée folklorique?

Oserons-nous parler de leur misère? Celle-là même qui nous a fait grandir, qui nous a amené vers des vies plus faciles. Celle-là même qui leur apporte un sourire aux lèvres et des yeux attendris quand on se plaint de notre vie trop remplie.

C’est une génération discrète, mais forte. C’est une génération au rôle immense dans toutes nos familles. Ils sont fiers de ce qu’ils ont accompli, particulièrement de cette famille qu’ils ont bâtie. Et si on leur disait qu’on est fier aussi? Et si on leur disait tous un immense merci? Et si on les regardait avec le sourire aux lèvres et le regard attendrit nous aussi?